"La Croisade": quand Greta Thunberg inspire la nouvelle comédie de Louis Garrel et Laetitia Casta

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  • Louis Garrel
    Louis Garrel
    Acteur et réalisateur français

Réalisé par Louis Garrel, ce film suit un collectif d'enfants militants qui veut sauver la planète du réchauffement climatique en déplaçant une mer dans le Sahara.

Les enfants peuvent-ils sauver le monde? C’est la question posée par La Croisade, nouveau film de et avec Louis Garrel, où il partage l'affiche avec Laetitia Casta. Au cinéma ce mercredi 22 décembre, ce film plein d'espoir suit un collectif d'enfants militants qui sous l'œil incrédule de leurs parents veut sauver la planète du réchauffement climatique en déplaçant une mer dans le Sahara.

L'idée évoque le récent Animal, documentaire de Cyril Dion qui suit l’Anglaise Bella Lack et le Français Vipulan Puvaneswaran pour dresser le portrait d'une génération de jeunes militants écologistes. Si l'idée de La Croisade semble dans l'air du temps, elle a pourtant été imaginée il y a quelques années déjà, en 2018, par le légendaire scénariste Jean-Claude Carrière, disparu en février dernier.

Le prolifique écrivain, célèbre pour ses collaborations avec Luis Buñuel, et pour avoir signé les scénarios de La Piscine et de Borsalino, avait soumis l'idée à Louis Garrel. Mais nous étions alors six mois avant que Greta Thunberg ne devienne la personnalité de l'année pour le magazine Time. Louis Garrel avait balayé d'un revers de la main la proposition.

"Je trouvais que c’était faux comme idée", reconnaît-il auprès de BFMTV. "Je ne la trouvais pas juste. Puis sont apparus tous ces enfants militants. Je me suis excusé auprès de Jean-Claude. On a commencé à travailler le scénario. J’y ai vu la possibilité de faire un film en direct. C'est quasiment un film d’actualité. À l’époque, le film était science-fictionnel. Maintenant, c'est complètement normal. J’ai été pleutre. J’aurais dû suivre son instinct, tout de suite y croire."

Pas un film niais

Jean-Claude Carrière, qui signe avec La Croisade son dernier scénario, a nourri ce film "prophétique" d'une vie de militantisme écologique. Fidèle soutien dès les années 1960 de l’agronome René Dumont, le tout premier candidat écolo à la présidentielle en 1974, Carrière avait "une très grande propension à écouter la nature", note Louis Garrel. "Venant de la campagne, il était très concerné par ces questions. Je l’appelais le paysan intellectuel. Il avait une manière d’écouter le monde qui était très juste, très pertinente."

Si Laetitia Casta a tout de suite perçu l'aspect "visionnaire" du film, ce n'était pas le cas des jeunes comédiens. Bien que leurs personnages aient toujours un coup d’avance sur les adultes, ils n'étaient pas particulièrement inquiets par la situation climatique. "Je pensais que ça allait être un peu niais comme film", confie Joseph Engel, qui joue le fils du couple incarné par Casta et Garrel. "Au début, on se disait que c'était rigolo, puis, on a répété, on en a parlé avec Louis, on a eu des ateliers avec un géographe, et on s'est dit que c'était plausible, faisable", dit Ilinka Lony, qui joue une amie du fils.

Ils ont été touchés par la légèreté du film, malgré son sujet. Louis Garrel voulait aller plus loin dans la noirceur, mais Carrière a refusé. "Jean-Claude voulait que le film soit optimiste, léger et drôle. On ne voulait pas être redondant avec l’actualité, anxiogène. On voulait que ce soit un conte." "Je pense fondamentalement que sur des sujets profonds les gens ont besoin d’un peu de joie, de tendresse, de collectif", ajoute Laetitia Casta.

Pas un film militant

Visionnaire, La Croisade n'est en revanche pas militant. "On ne voulait pas montrer des destructeurs, mais des constructeurs", indique Louis Garrel. "Il faut déléguer le pouvoir d’imaginer ou le pouvoir de construction aux jeunes gens qui sont eux-mêmes réellement menacés par les problèmes climatiques. Quand on est menacé, on développe des ressources incroyables. C’est un bon moment pour déléguer. Ils peuvent développer ce qui est nécessaire pour trouver la solution."

"La nouvelle génération se rend plus compte de ce qui se passe que l’ancienne", acquiesce Julia Boème, qui incarne une autre amie du fils. "Elle avait du temps pour agir et rien n’a été fait, rien n’a changé. On est toujours dans cette mauvaise situation vis-à-vis du climat. C’est aux enfants d’agir! Si comme dans le film, ils sont soudés, on peut vraiment faire quelque chose de cette nouvelle génération."

Une force et une énergie que l'on retrouve dans La Croisade et qui sidère Laeticia Casta: "Ce qui m’intéresse dans le film, c’est ce respect de la sensibilité des générations qui arrivent. Le film montre que tout est possible grâce à eux, qu'ils sont porteurs d’espoir." Louis Garrel a ainsi demandé à ses comédiens de s'inspirer du phrasé de Greta Thunberg. Admiratif devant "cette jeune femme de 12 ans très structurée, très déterminée, avec une stratégie politique super efficace", il a demandé aux enfants de s’inspirer "de son aplomb et de son sérieux".

Un film qui rassemble

Film utopique, La Croisade est "très déculpabilisant", "il rassemble", précise Laetitia Casta. Il rassemble aussi parce que son projet, celui de déplacer une mer dans le Sahara, n'est pas complètement fou. Il a même failli voir le jour à la fin du XIXe siècle. "J’ai découvert qu’un type, Ferdinand de Lesseps, avait eu à la fin du XIXe le projet de faire une mer intérieure dans le désert algérien", confirme Louis Garrel. "Mais il n'avait pas les moyens techniques nécessaires. Ce n’était pas pour des motifs écologiques, mais commerciaux, pour abaisser la température et favoriser les cultures en Algérie."

Conçu sur une période de trois ans, La Croisade a aussi anticipé la pandémie de coronavirus. Une scène montre une alerte aux particules fines. Face à la pollution, les Français sont invités à s'enfermer chez eux. Une scène écrite et tournée juste avant l'annonce du confinement en mars 2020. "C’était très bizarre", confie Laetitia Casta. "On parlait déjà à la radio des masques. Louis du coup l’a rajouté au scénario. Avant le film, j’avais rencontré Jean-Claude. On discutait. Il me disait déjà qu’on était en train de respirer des particules de plastique."

Pour le moment, la plupart des scènes du film se sont concrétisées. À quand l'eau dans le Sahara? "Jean-Claude me disait que l’idée serait utilisée un jour", sourit Louis Garrel. "Maintenant, je le crois!" Il ne croit pas en revanche que La Croisade peut avoir un impact sur la marche du monde. "Le film n’a pas été fait dans cette idée-là", avoue Louis Garrel. "Mais j’espère que ça va toucher la génération des 15-20 ans." Et puisque le projet est faisable, utiliseront-ils les recettes du film pour le mettre en place? "Malheureusement, est-ce qu’on en fera assez?", sourit Laetitia Casta. "Il faut des millions et des millions pour pouvoir faire une mer!"

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - La Minute de Laetitia Casta : carrière, vie amoureuse, anecdotes... :

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