Cristóbal Balenciaga, l’étoile noire

Libération.fr

A rebours des shows surdimensionnés, l’exposition au musée Bourdelle, à Paris, revient au plus près du travail du couturier espagnol, tout en volumes et technicité.

C’est ce qu’on appelle un challenge : monter une exposition de vêtements noirs, plutôt austères, sans rien d’autre que des bustes Stockman sombres pour les incarner. Pas de cliché d’Audrey Hepburn souriant dans un petit tailleur, pas de couverture amusante de Paris Match vintage et, d’ailleurs, pas même une photo du créateur génial, effacé derrière son œuvre noire. Contrairement à ce que Cartier ou Vuitton ont mis en scène ces dernières années au Grand Palais, cette exposition organisée par le Palais Galliera autour de Cristóbal Balenciaga ne se la joue pas blockbuster, n’essaie même pas d’être fédératrice - et frise parfois le foutage de gueule quand elle perche des patrons à dix mètres de hauteur ou présente les vêtements noirs sur fond noir. Le message, lui, est clair : en se concentrant sur les fils et les aiguilles, elle va à rebours de l’époque, où la mode est devenue avant tout une affaire de storytelling et de marketing. Et elle s’adresse à ceux que le vêtement intéresse vraiment (encore que les autres auront toujours plaisir à déambuler entre les statues de Bourdelle).

Premier volet d’une trilogie consacrée au couturier espagnol (1) par Galliera, «L’œuvre au noir» a élu domicile à Bourdelle avec l’idée que la dimension architecturale des vêtements entrait en résonance avec le travail du sculpteur. Cristóbal Balenciaga (1895-1972) était un remarquable technicien dont Gabrielle Chanel disait qu’il était «le seul d’entre nous à être un vrai couturier». Le noir met en valeur le fabuleux travail de coupe et de matière, et «c’est aussi dans cette couleur que Balenciaga a été le plus loin dans l’expérimentation», explique Véronique Belloir, commissaire de l’expo et chargée des collections haute couture au Palais Galliera qui a prêté une partie des 70 silhouettes exposées (l’autre a été fournie par la (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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