Les crises multiples qui frappent le Liban s'amplifient

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Pour la deuxième fois en un mois, les autorités libanaises ont augmenté de 25%, mercredi, les prix des carburants. Tous les aspects de la vie quotidienne sont affectés par la crise qui s’est complexifiée. Les profondes divergences politiques entre les principaux partis se traduisent par une montée des tensions sur le terrain et un retour au langage de la guerre civile.

De notre correspondant à Beyrouth,

La nouvelle hausse des prix des carburants a provoqué la colère des Libanais qui ont fermé de nombreuses routes à travers le pays mercredi. Des groupes de manifestants ont bloqué des voies à Beyrouth et Tripoli dans le nord, mais aussi l’autoroute côtière qui relie les grandes villes.

La colère des Libanais se comprend : le prix de l’essence a augmenté de 550% depuis juin. Les carburants sont presque devenus un produit de luxe : un bidon de 20 litres d’essence vaut 44% du salaire minimum, qui équivaut à 34 dollars par mois.

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À cause de la crise économique, le pays perd ses élites

Cette nouvelle hausse des prix de l’essence et du mazout va forcément provoquer une flambée des prix des produits de consommation qui ont déjà considérablement augmenté en raison de l’effondrement de la livre libanaise, qui a perdu 80% de sa valeur face au dollar.

Ces chiffres illustrent parfaitement l’ampleur de la crise qui frappe le Liban depuis deux ans et qui a fait basculer 80% de la population sous le seuil de pauvreté.

Face à cette situation, des dizaines de milliers de Libanais ont choisi de partir. L’hémorragie touche essentiellement les milieux médicaux, académiques, et le personnel hautement qualifié. Le Liban se vide de ses élites.

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Exacerbation des tensions entre chrétiens et chiites

La crise qui frappe le Liban a d’ailleurs été classée par la Banque mondiale comme l’une des pires au monde depuis 1850. Elle s’accompagne d’une montée des tensions politiques et confessionnelles, ce qui complique les choses. L’exacerbation des tensions entre chrétiens et chiites fait craindre un retour à la guerre civile, surtout après les incidents du 14 octobre, qui ont fait 7 morts et une trentaine de blessés dans les rangs de manifestants pro-Hezbollah.

Hassan Nasrallah a exigé que les tireurs soient arrêtés et traduits en justice. Il a réclamé des explications sur ce qu’il appelle des manquements de la part des forces de sécurité censées protéger les manifestants.

Après la diffusion d’une vidéo montrant un manifestant abattu par un militaire, l’armée a limogé mardi son chef des opérations. Le calme est revenu sur le terrain mais les discours enflammés entre les responsables du Hezbollah et ceux du parti chrétien des Forces libanaises montrent que le problème reste entier.

Comment alléger l’impact de la crise ?

Le gouvernement nouvellement formé est paralysé par les tensions politiques et ne se réunit plus de peur que les contradictions en son sein ne le fassent éclater. Il est miné par les divergences au sujet du juge chargé de l’enquête sur la double explosion du port de Beyrouth, Tarek Bitar.

Les partis chiites exigent le remplacement du magistrat qu’ils accusent d’être « politisé » et « sélectif ». Au nom de la séparation des pouvoirs, le président Michel Aoun refuse son limogeage. À moins d’un compromis, la situation semble sans issue.

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