Crise aux urgences : les secrets des services qui marchent

Tous se défendent de vouloir donner des leçons, et aucun ne nie les carences d'effectifs et de moyens qui poussent un nombre croissant d'hôpitaux à se mettre en grève. Mais dans le monde en crise de la médecine d'urgence, certains sont parvenus à trouver des remèdes. Des as de l'organisation, qui ont su activer des leviers gagnants et rénover leurs services saturés, démotivés, électrisés. "On était anesthésiés aux dysfonctionnements, assène le professeur Enrique Casalino pour résumer l'état des urgences de l'hôpital parisien Bichat, qu'il dirige depuis douze ans. On acceptait que des patients puissent traîner des heures sur des brancards dans le couloir."

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A l'évocation de ce fatalisme, le praticien s'emporte : "Il ne faut pas dire que nous sommes en situation d'échec et qu'il n'y a rien à faire, ce n'est pas vrai." La clé du renouveau, à l'en croire, serait de "changer la culture" ambiante pour redonner le sentiment de "la chance qu'on a de travailler dans un service d'urgence".

Améliorer la gestion des lits

 

Au-delà de cette méthode Coué version hospitalière, l'efficacité d'une réorganisation tient à "mille petites choses, et quelques moins petites", estime le professeur Philippe Juvin. Arrivé en 2012 à la tête des urgences de l'hôpital Pompidou, à Paris, il a lui aussi mené un redressement remarqué. "Aux urgences, si vous êtes bon médecin, ça ne suffit pas, expose-t-il. Il faut aussi savoir gérer les flux."

Autoriser les in...


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