Crise en Tunisie: la France appelle à un retour rapide à un "fonctionnement normal des institutions"

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Photo fournie par la présidence tunisienne montrant Kais Saied à Tunis, le 26 juillet 2021 - - © 2019 AFP
Photo fournie par la présidence tunisienne montrant Kais Saied à Tunis, le 26 juillet 2021 - - © 2019 AFP

La France souhaite "le retour, dans les meilleurs délais, à un fonctionnement normal des institutions" en Tunisie après la suspension des activités du Parlement et le limogeage du Premier ministre par le président Kais Saied, a déclaré lundi la diplomatie française.

"La France suit avec la plus grande attention l'évolution de la situation politique en Tunisie", a déclaré la porte-parole du Quai d'Orsay, Agnès von der Mühll. "Elle souhaite le respect de l'État de droit et le retour, dans les meilleurs délais, à un fonctionnement normal des institutions, qui doivent pouvoir se concentrer sur la réponse à la crise sanitaire, économique et sociale", a-t-elle ajouté.

"Dans le plein respect de la souveraineté de la Tunisie, la France appelle également l'ensemble des forces politiques du pays à éviter toute forme de violence, et à préserver les acquis démocratiques du pays", a-t-elle également souligné.

Les États-Unis se sont dits pour leur part "préoccupés" par la crise politique qui secoue la Tunisie et ont appelé au respect des "principes démocratiques" dans le pays. L'Allemagne a aussi appelé au "respect des libertés civiles, qui est l'un des gains les plus importants de la révolution tunisienne" de 2011, souvent présentée comme la seule réussie du Printemps arabe.

Ennahdha dénonce un "coup d'État"

Dimanche soir, après une journée de manifestations dans de nombreuses villes de Tunisie, notamment contre la gestion de l'épidémie de coronavirus par le gouvernement Mechichi, le chef de l'État Kais Saied a limogé ce dernier et annoncé "le gel" des activités du Parlement pour 30 jours.

Le président, également chef de l'armée, s'est en outre octroyé le pouvoir exécutif, bouleversant l'organisation du pouvoir dans un pays régi depuis 2014 par un système parlementaire mixte, en annonçant son intention de désigner un nouveau Premier ministre. Il a limogé lundi le ministre de la Défense Ibrahim Bartagi et la porte-parole du gouvernement Hasna Ben Slimane, également ministre de la Fonction publique et ministre de la Justice par intérim.

Ennahdha, principal parti au Parlement, a fustigé "un coup d'État contre la révolution et la Constitution", et son chef de file Rached Ghannouchi a campé douze heures durant lundi devant le Parlement bouclé par l'armée, pour en réclamer l'accès.

Article original publié sur BFMTV.com

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