Crise des transports à Paris : Pécresse vise la RATP et met la pression sur Castex

Photo d’illustration prise dans les tunnels des métros RATP le 20 octobre 2022.
CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP Photo d’illustration prise dans les tunnels des métros RATP le 20 octobre 2022.

POLITIQUE - Valérie Pécresse attend Jean Castex de pied ferme à la tête de la RATP. Alors qu’il n’est même pas encore confirmé à son poste, la présidente de la région Île-de-France l’appelle à « se retrousser les manches » afin de résoudre les difficultés actuelles de l’offre de transports franciliens.

Depuis la rentrée, la RATP doit faire face à une dégradation de ses services sur les lignes de métro. Les lignes 3, 4, 6, 8, 11, 12 et 13 sont particulièrement concernées, « avec des taux de régularité inférieurs à 91 % » alors que les attentes contractuelles sont de l’ordre de 96 %, selon Valérie Pécresse, patronne d’Île-de-France Mobilité, un des premiers clients de la RATP.

« La RATP a complètement sous-estimé les problèmes qu’elle rencontre sur le métro », tacle l’ancienne candidate LR à la présidentielle dans Le Parisien. « Elle nous avait assuré ’que tout allait bien’ dans les métros. C’était faux », ajoute-t-elle, évoquant une « détérioration de l’offre dans des proportions inacceptables. »

En réponse à une première missive de Valérie Pécresse, la RATP avait fait savoir à l’AFP le 3 novembre qu’elle était « pleinement mobilisée sur le sujet du manque de conducteurs », précisant que le sous-effectif est « relativement modeste » dans le métro, et « sans commune mesure avec la situation du réseau de bus ».

« Moins de 100 conducteurs sur 3 100 »

Il manque « moins de 100 conducteurs sur 3 100 » dans le métro, et « des moyens importants » sont déployés pour recruter et former, selon elle. « Le sous-effectif devrait se résorber rapidement dans les prochains mois, pour un retour à l’effectif nominal vers la fin mars », a ajouté la régie des transports parisiens.

Ce qui n’a pas suffi à la présidente de la région francilienne. Elle réclame ce dimanche un audit sur les lignes les plus touchées, ainsi qu’un « plan de remédiation d’urgence et d’un échéancier » de retour à la normale. Et qui devra s’en charger ? Nul autre que Jean Castex, ancien Premier ministre sur le point de prendre la tête des transports parisiens.

Après le feu vert, avec des réserves de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Jean Castex doit passer mardi 8 novembre devant les commissions concernées par le secteur des transports à l’Assemblée et au Sénat. La décision du chef de l’État ne peut, selon l’article 13 de la Constitution, être refusée que lorsque l’addition des votes négatifs dans chaque commission représente au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés au sein des deux commissions.

« Jean Castex va devoir se retrousser les manches pour rétablir la qualité de service qui s’est nettement dégradée depuis la rentrée. Mais aussi pour restaurer la confiance, en interne à la RATP, et en externe avec Île-de-France Mobilités », avertit Valérie Pécresse. Sans oublier les négociations à mener avec les syndicats dans le cadre de l’ouverture à la concurrence en 2025 et le sujet sensible du prix du Pass Navigo qui pourrait augmenter, faute d’accord trouver entre les différents acteurs.

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