Crise sociale et politique au Chili: la Banque centrale à la rescousse

La crise sociale dure depuis plus de 40 jours au Chili. Jeudi, pour la première fois, le gouvernement s'est réuni avec des organisations sociales et syndicales pour tenter de juguler la crise. L'exécutif dit vouloir lancer un dialogue sur les questions prioritaires de l'agenda social. En attendant la crise, associée à une chute des prix du cuivre dont le Chili est le premier producteur mondial, ont fait plonger le cours du peso chilien. Pour rectifier le tir, la Banque centrale va injecter 20 milliards de dollars dans l'économie.

La Banque centrale chilienne interviendra sur le marché des changes de deux manières. A partir du lundi 2 décembre et jusqu'à fin la fin du mois de mai 2020, elle vendra des dollars de ses réserves, pour un montant de 10 milliards au plus. Elle vendra également jusqu'à 10 autres milliards de dollars de produits financiers.

L'institution n'en est pas à son coup d'essai ; il y a un peu plus de deux semaines, elle avait déjà annoncé l'injection de 4 milliards de dollars... Sans succès. Cela n'a pas permis d'endiguer la chute du peso. La monnaie nationale a perdu 15% de sa valeur depuis le début de la crise et a atteint ce jeudi, un plus bas historique pour le deuxième jour consécutif.

Mais, la Banque centrale chilienne tente de rassurer : selon elle, en raison de la « faible indexation en dollars » de l'économie du pays, la variation du peso n'a pas d'effet immédiat sur les ménages et les entreprises, et l'inflation devrait rester en deçà de 3%. La Banque centrale préfère néanmoins intervenir, pour éviter qu'une trop forte volatilité du taux de change ait un impact sur la production et les dépenses des entreprises et des particuliers.

Rencontre avec les organisations sociales et syndicales

Le gouvernement chilien s'est réuni jeudi pour la première fois avec les syndicats et organisations sociales réunies au sein de la Plateforme d'unité sociale, un collectif d'organisations sociales et syndicales à l'origine de nombreux appels à manifester. Alors que le gouvernement a déjà annoncé en octobre une batterie de mesures sociales pour tenter de mettre fin à la crise, les organisations syndicales et la société civile demandent au gouvernement d'aller plus loin, avec notamment une augmentation de 50% du salaire minimum et le remplacement du système de retraites par capitalisation individuelle, hérité de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), par un système par répartition.

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