Crise sanitaire : les producteurs de laine ne parviennent plus à vendre

A Caisnes, dans l’Oise, Willy Balderacchi tond tous les ans ses 430 brebis. Chaque animal représente plusieurs kilos de laine. Il ne sait aujourd’hui plus quoi en faire. Dans son hangar, les ballots s’accumulent. "Vous avez un an de stockage de laine, montre l’éleveur. A cette époque-ci, en principe il ne devrait plus y en avoir." D’ordinaire, sa laine part en Chine pour être transformée en vêtements ou matelas, comme 80% de la laine en France. Avec la crise sanitaire, la production chinoise a ralenti, et la demande a chuté. Résultat : un "manque à gagner entre 2 000 et 3 000 euros" pour Willy Balderacchi. 200 tonnes de laine en attente De qualité, sa laine pourrait pourtant trouver de nombreux acheteurs : dans le textile, la literie ou encore l’isolation des bâtiments. La France ne dispose toutefois plus de ces filières. "Aujourd’hui, on a plus de travail, on a plus d’outils industriels", explique Michèle Boudoin, présidente de la Fédération Nationale Ovine (FNO). Seule une infime partie de la production française est transformée en textile. Au total, 200 tonnes de laine sont stockées dans les élevages français cette année.