Avec la crise sanitaire, Marlène Schiappa pointe la "recrudescence" du phénomène sectaire

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Marlène Schiappa, le 15 janvier 2020. - Ludovic Marin
Marlène Schiappa, le 15 janvier 2020. - Ludovic Marin

Marlène Schiappa, ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, dénonce un phénomène sectaire "en recrudescence" en raison de la crise sanitaire dans les secteurs du développement personnel, du bien-être ou du sport.

"La fragilité générale, sanitaire, économique et sociale du moment offre un terreau favorable", affirme la ministre dans une interview au site internet du Parisien samedi.

"Sous couvert d'activités bienveillantes, la finalité est le gain financier, mais aussi l'emprise sur les personnes", précise-t-elle.

Interdiction des thérapies de conversion

Marlène Schiappa rappelle que dans le cadre du projet de loi de l'exécutif en préparation pour lutter contre les "séparatismes", le gouvernement entend "utiliser les mêmes méthodes d'action contre les groupements sectaires que contre l'islamisme radical, avec des contrôles ciblés".

Elle précise qu'"environ 500 groupes de déviance sectaire" ont été identifiés en France et qu'ils "touchent 50.000 adultes et 90.000 mineurs".

Elle annonce que "le gouvernement français veut interdire" les thérapies de conversion, ces pratiques qui prétendent transformer l'orientation sexuelle: "Des députés de la majorité nous ont fait part de leur souhait de le proposer par amendements, via la loi sur laquelle nous travaillons : nous les soutiendrons avec Gérald Darmanin", le ministre de l'intérieur, assure-t-elle.

Marlène Schiappa veut encore "mieux comprendre" le "fonctionnement" et l"'implantation" de "l'Église de Philadelphie": cette entité, qu'aurait "créée la mère de Xavier Dupont de Ligonnès", est depuis longtemps dans le collimateur de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes, désormais rattachée au ministère de l'Intérieur).

Elle est aussi dans le viseur de la justice: en janvier dernier, une enquête contre X pour "abus de faiblesse" a été ouverte par le parquet de Versailles.

Marlène Schiappa a confié une mission conjointe "aux directeurs généraux de la police nationale et de la gendarmerie nationale ainsi qu'à la Miviludes", pour "évaluer (ses) pratiques".

Renforcement de la Miviludes

Enfin la ministre précise que la Miviludes, auparavant directement rattachée au Premier ministre, va être renforcée: dirigée par une magistrate, "elle ne fera plus simplement de la veille ou de l'analyse (...) elle sera davantage liée aux forces de sécurité intérieure".

"Je vais lui associer un nouveau conseil d'orientation", ajoute-t-elle, soulignant que l'ex-président de la Miviludes et ancien élu Georges Fenech en fera partie.

Article original publié sur BFMTV.com

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