Crise sanitaire : la dépression, ce mal silencieux qui ronge les Français

Depuis un an, Marion Willay tourne en rond entre les murs de son appartement. À 24 ans, elle vit seule, avec ses médicaments : un anxiolytique et un antidépresseur, à prendre chaque soir avant le coucher. Le Covid-19 lui a fait perdre son emploi d’hôtesse au sol, et elle se débat avec ses insomnies. "Forcément, il y a le suicide qui travaille l’esprit, c’est dur à expliquer mais on souffre tellement que parfois c’est la seule chose qui vient à l’esprit", confie, lundi 22 février, la jeune femme aux journalistes de France Télévisions. Elle déplore n’avoir ni "projets" ni "perspectives". En Seine-Saint Denis, boom de la consommation d’antidépresseurs Une étude réalisée par le département de Seine-Saint-Denis révèle qu’entre mars et novembre 2020, le nombre de consommateurs d’antidépresseurs a bondi de 112 %, et de 152 % sur un an. La clinique de l’Alliance, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), voit arriver des personnes en souffrance qui n’avaient consulté. "Ils arrivent chez nous soit par perte d’emploi, chômage, aussi un deuil non fait", rapporte le Dr. Mouloud Ben Bacha, psychiatre coordinateur de la clinique. Les demandes d’hospitalisations ont augmenté de 30 % depuis le début de l’épidémie, et une quinzaine de patients sont sur liste d’attente pour obtenir une chambre.