Crise sanitaire aux Antilles: un homme condamné pour avoir menacé des préfets

Un badge de la police sur une veste (illustration) - Geoffroy Van der Hasselt / AFP
Un badge de la police sur une veste (illustration) - Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Le tribunal correctionnel d'Évry a condamné mercredi un homme à six mois de prison ferme pour la diffusion d'une vidéo où il menaçait les préfets et directeurs des Agences régionales de santé (ARS) de Guadeloupe et de Martinique en pleine crise liée à l'obligation vaccinale contre le Covid-19.

Il a été reconnu coupable d'incitation à des actes de terrorisme et relaxé des chefs de menace et outrage envers des personnes dépositaires de l'autorité publique car "les éléments n'étaient pas établis", a précisé le président du tribunal.

Les directeurs d'ARS, des "chiens qui vous privent de vos libertés"

Cet homme avait diffusé sur un groupe WhatsApp de collègues antillais un montage vidéo d'environ une minute où une voix de synthèse appelait à "traquer" nommément les directeurs d'ARS et préfets de Guadeloupe et de Martinique et les qualifiait de "chiens qui vous privent de vos libertés", le tout avec un enchaînement de photos d'émeutes.

À la barre, Didier. E, 54 ans, né en Guadeloupe, résident en Essonne et sans antécédents judiciaires, a argué que la vidéo était "une blague" entre collègues. "Il n'y a eu aucune volonté de ma part d'aller blesser qui que ce soit", a-t-il ajouté.

Vidéo devenue virale

"II n'y a absolument aucune image dans cette vidéo qui permette de douter qu'il ne s'agit pas d'une plaisanterie", a souligné la procureure de la République, qui a requis la peine suivie par le tribunal, soit deux ans de prison dont 18 mois avec sursis.

La vidéo, partagée, est ensuite devenue virale dans les deux territoires. Les préfets de Guadeloupe et de Martinique ainsi que les deux directeurs des ARS et l'ARS, en tant que personne morale, s'étaient constitués partie civile dans cette affaire.

A l'automne 2021, l'entrée en vigueur de l'obligation faite au personnel soignant et aux pompiers de se vacciner contre le Covid-19 a déclenché en Guadeloupe puis en Martinique un mouvement de contestation qui s'est élargi à des revendications sociales, entraînant manifestations et violences urbaines

Article original publié sur BFMTV.com

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