Crise des opiacés aux États-Unis: les firmes pharmaceutiques évitent le procès

Aux États-Unis, le premier procès fédéral contre l’industrie pharmaceutique dans le cadre de la crise des médicaments opiacés n’aura pas lieu. Il devait commencer ce 21 octobre dans l’Ohio mais les quatre entreprises mises en cause ont conclu un accord à l’amiable à la dernière minute.

Avec notre correspondante à Washington,  Anne Corpet

Les sociétés, trois distributeurs de médicaments et une entreprise pharmaceutique israélienne ont accepté de verser 260 millions de dollars aux deux comtés qui les poursuivaient en justice. D’autres entreprises poursuivies étaient parvenues à ce type d’accord au cours des semaines précédentes.

Payer pour ne pas s'exposer

Toutes sont mises en cause pour avoir fait la promotion mensongère de médicaments très chargés en opiacés et d’avoir ainsi suscité l’accoutumance de millions d’Américains. La distribution massive de ces médicaments est à l’origine d’une épidémie d’overdoses qui a déjà fait 400 000 morts aux États-Unis. « L'accord proposé permettra des progrès importants pour endiguer la crise. Il apporte des ressources aux programmes de traitement des dépendances aux opiacés », ont déclaré les avocats des plaignants.

Mais cet accord n’est que préliminaire. Quelque 2 700 plaintes sont en cours contre l’industrie pharmaceutique. Elles ont été déposées par des collectivités locales, des tribus indiennes et la quasi-totalité des États américains. Un accord à l’amiable global est en cours de discussion. Les fabricants et distributeurs de ces médicaments opiacés préfèrent payer plutôt que d’exposer leurs méthodes pendant de longues semaines dans un procès public.

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