Crise monétaire au Liban: poursuites contre le patron de l’une des plus grandes banques

Au Liban, le procureur financier a engagé des poursuites contre le patron de l’une des plus grandes banques du pays sur fond de dépréciation inédite de la livre libanaise face au dollar, entraînant une inflation galopante des prix.

De notre correspondant à Beyrouth,

Le chef du parquet financier Ali Ibrahim a déféré devant un juge d‘instruction le PDG de la Société générale de banque au Liban, SGBL, Antoine Sehnaoui, pour violation du code de change et atteinte au prestige de l’État.

L’homme d’affaires, qui dirige l’un des plus grands établissements bancaires du pays, se trouve aux États-Unis depuis des semaines, il ne s’est pas présenté devant le juge.

La mesure du procureur financier intervient alors que la livre libanaise a perdu plus de 200% de sa valeur face au dollar. La semaine dernière, un député du Hezbollah avait accusé la SGBL d’achat massif de dollars sur le marché libanais dans l’objectif de les transférer à l’étranger.

La pénurie de billets verts est l’une des plus graves conséquences de la crise économique et financière sans précédent qui frappe le Liban depuis l’automne dernier.

Dans le même cadre, une juge pénal de Beyrouth a fixé au 14 octobre le début d’un procès opposant un groupe d'activistes et d’avocats au gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, accusé de corruption.

Le patron de la Banque centrale, qui est l’une des principales cible du mouvement de contestation, sera jugé pour avoir affaibli la monnaie nationale, porté atteinte à la confiance dans les finances de l’État ainsi que pour détournement de fonds publics, selon les accusations de ses détracteurs.

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