Crise migratoire: ONG et médias tenus à distance de la frontière entre la Pologne et le Belarus

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Des soldats polonais construisent une barrière de barbelés à la frontière avec la Biélorussie à Zubrzyca Wielka, dimanche 26 août.  - Jaap Arriens / AFP
Des soldats polonais construisent une barrière de barbelés à la frontière avec la Biélorussie à Zubrzyca Wielka, dimanche 26 août. - Jaap Arriens / AFP

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Des milliers de migrants pris entre deux feux. Dans une tentative désespérée d'entrer en Europe, ils sont massés à la frontière du Bélarus et de la Pologne. Principalement kurdes, ils sont devenus les victimes collatérales d'un bras de fer entre Minsk et Varsovie.

Pris au piège par un temps glacial, la présence de troupes des deux côtés de la frontière fait craindre une confrontation. Les images filmées par BFMTV montrent de nombreux enfants et des forces de l'ordre repoussant les arrivants. Depuis cet été, au moins dix migrants ont perdu la vie dans cette zone, dont sept du côté polonais.

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Les équipes de BFMTV se sont rendues à Chreptowce (Pologne) pour rendre compte de la situation, avant d'être contraint de s'arrêter à 200 mètres de la frontière. Médias et ONG sont tenus à distance par les autorités polonaises. Tout étranger s'approchant de la frontière reçoit ce SMS, rapportent nos journalistes: "La frontière polonaise est fermée. Les autorités biélorusses vous ont menti, retournez à Minsk".

"C'est fou que personne ne puisse confirmer officiellement ce qu'il se passe de ce côté. Nous sommes dans l'Union européenne et on devrait pouvoir intervenir dans cette situation" dénonce Anna Alboth, porte-parole de Minority Rights Group, à BFMTV.

Varsovie a déployé un impressionnant dispositif militaire à la frontière avec des milliers de soldats. La Pologne a aussi érigé une clôture de barbelés coupants et instauré un état d'urgence.

"Chantage"

Varsovie estime que Minsk pousse les réfugiés vers sa frontière et a déployé des militaires dans la zone. Le Bélarus a dénoncé la réaction polonaise et a mis en garde mardi son voisin polonais contre toute "provocation" à la frontière.

Alexandre Loukachenko, le président biélorusse, est accusé par l'Union européenne (UE) d'orchestrer l'arrivée de cette vague de migrants en réponse aux sanctions européennes appliquées contre son pays après la brutale répression dont l'opposition a été victime.

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Ulysse Gosset, éditorialiste international de BFMTV, décrit une situation des plus floues, évoquant le chiffre de "15.000 migrants" massés à la frontière. Il s'insurge de cette situation sur notre plateau.

"C'est véritablement un chantage qui est effectué par la Biélorussie qui utilise la Pologne en premier, et derrière, toute l'Europe, qui est soumise à un véritable test de solidarité."

"Elargissement des sanctions"

"Il est clair que ce à quoi nous sommes confrontés ici, c'est à une manifestation de terrorisme d'État", a déclaré le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki au cours d'une conférence de presse commune avec le président du Conseil européen Charles Michel. Ce dernier a indiqué que "des sanctions éventuelles [contre le Bélarus] étaient à nouveau sur la table".
La cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pour sa part affirmé qu'elle s'attendait à "un élargissement des sanctions" au début de la semaine prochaine. Le Conseil de Sécurité de l'ONU se réunit d'urgence ce jeudi, à la demande de la France, de l'Irlande et de l'Estonie.

Article original publié sur BFMTV.com

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