La crise migratoire dans l’UE, “du jamais-vu depuis 2015”

PHOTO GIOVANNI ISOLINO/AFP

Une “crise invisible” traverse le bloc européen. Selon le média espagnol Público, le nombre de demandeurs d’asile dans l’Union européenne atteint des sommets inédits depuis la crise des réfugiés de 2015, en particulier sur la route des Balkans.

Le site de gauche se base sur les données de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile, qui indique qu’en juillet plus de 72 800 personnes ont déposé une demande d’asile dans un État membre. Il s’agissait du troisième mois consécutif durant lequel plus de 70 000 demandes avaient été formulées, “du jamais-vu depuis 2015”, selon l’agence.

À l’époque, “les images de réfugiés atteignant les côtes européennes dominaient les premières pages des médias”, se souvient le site de gauche. Aujourd’hui, l’attention médiatique et politique dans l’UE est focalisée “sur le soutien logistique, économique et militaire à Kiev, sur la gestion interne de la flambée des prix des denrées alimentaires, de l’électricité et des carburants, et sur la conduite de la crise énergétique”.

En matière de migration, Bruxelles est accusé de verser dans le “deux poids, deux mesures”, explique la journaliste María G. Zornoza. “Alors qu’elle a passé sept ans sans politique d’asile commune et qu’elle a durci son discours et ses politiques à l’égard des migrants, la Commission européenne a approuvé un mécanisme d’exception accordant l’asile immédiat aux réfugiés ukrainiens deux semaines seulement après le début de l’invasion russe [en Ukraine]. Une mesure qui devrait bénéficier à plus de 4 millions de personnes.”

Une réforme dans les tuyaux

Mais pendant ce temps, “les conditions d’accueil se dégradent dans l’UE”. Público cite, entre autres, l’exemple actuel du navire humanitaire Humanity 1, battant pavillon allemand, bloqué depuis plusieurs jours au large des côtes italiennes.

Une réforme de l’asile dans l’UE est en gestation depuis de longs mois. Néanmoins, les États membres s’écharpent sur deux points, observe le site espagnol. Le premier est le fait “de multiplier les accords avec les pays d’origine et de transit, ce qui est déjà fait avec des États très douteux en matière de respect des droits humains, comme l’Égypte, la Libye, le Maroc et la Turquie”. Le second concerne le principe de solidarité entre les États membres, “une maxime que les pays anti-immigration comme la Hongrie et la Pologne réfutent et qui compte de plus en plus de détracteurs”.

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