Crise de l'hôpital: selon le professeur Rémi Salomon, les soignants sont à "un point de rupture"

Le Pr Rémi Salomon, le 5 novembre 2020 à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP
Le Pr Rémi Salomon, le 5 novembre 2020 à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP

Les soignants sont à un "point de rupture", a estimé ce jeudi Rémi Salomon, président de la Commission médicale d'établissement (CME), l'instance représentative des médecins au sein des hôpitaux de Paris (AP-HP), sur Franceinfo.

"On est arrivé à un point de rupture, à une bascule, avec une sorte de découragement, de désengagement" des soignants, a dit le Pr Salomon, qui préside aussi la Conférence des présidents de CME des CHU de France.

Aller plus vite sur les réformes

Brigitte Bourguignon ne l'a pas caché, "l'été sera difficile", a-t-elle concédé au congrès Urgences organisé à Paris cette semaine pour prendre le pouls de l'état des services d'urgences hospitalières. La ministre de la Santé en a profité pour égrainer quelques mesures à prendre "sans attendre" les conclusions de la mission flash prévue par l'exécutif.

Parmi elles, le doublement des heures supplémentaires. Mesure que Rémi Salomon a qualifié de "tout début" au micro de Franceinfo. Et d'ajouter:

"Il faut payer plus tout le temps additionnel, pas que les heures supplémentaires", prenant pour exemple les heures de garde ou encore les astreintes.

Rémi Salomon a par ailleurs qualifié de "bonne chose" l'annonce d'un recrutement anticipé des élèves infirmiers en attente de la remise de leur diplôme.

Appel aux futurs élus

A trois jours du premier tour des élections législatives ce dimanche, le Pr Salomon a tenu à faire passer un méssage aux futurs élus:

"Dans quelques mois, l'Assemblée nationale va voter le budget de l'hôpital. Est-ce que vous allez, comme les autres années, voter un budget en fonction de critères uniquement financiers ou est-ce que vous allez prendre en considération les besoins?"

Selon lui, "on arrive aujourd'hui à un point où il faut mettre probablement beaucoup de moyens". Ainsi, Rémi Salomon a estimé que le pays disposait d'un "très bon système de santé, qui dans l'ensemble marche plutôt bien", mais au sein duquel, "dans plein d'hôpitaux en France on ne peut plus soigner correctement", faute d'un nombre suffisant de soignants et d'argent pour bien soigner les malades.

En effet, la situation apparaît particulièrement difficile dans les services d'urgence dont 120 ont été forcés de limiter leur activité comme à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux qui a mis en place un système de régulation des patients.

C'est pourquoi le président de la Commission médicale d'établissement a lancé un appel aux citoyens "à ne pas se rendre aux urgences pour un oui ou un non " et à privilégier la médecine de ville quand c'est possible.

Article original publié sur BFMTV.com

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