Crise de l’énergie : des écrans publicitaires coupés en cas de tensions ?

French Junior Minister for Economy and Finance Agnes Pannier-Runacher (C, blue pin) inaugurates and visits the Made In France fair, a show-window of French know-how at Porte de Versailles in Paris, on November 8, 2019  (Photo by Michel Stoupak/NurPhoto via Getty Images)
NurPhoto via Getty Images French Junior Minister for Economy and Finance Agnes Pannier-Runacher (C, blue pin) inaugurates and visits the Made In France fair, a show-window of French know-how at Porte de Versailles in Paris, on November 8, 2019 (Photo by Michel Stoupak/NurPhoto via Getty Images)

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Agnès Pannier-Runacher a évoqué son « pouvoir d’éteindre les écrans publicitaires » en cas de forte tension sur le réseau électrique français lors d’une confère de presse ce mercredi 14 septembre. (Photo d’Illustration)

ENERGIE - « Dans les moments de tension électrique, j’ai la possibilité de commander l’extinction de tous les écrans publicitaires ». La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, s’est exprimée ce mercredi 14 septembre lors d’un point presse sur les mesures de « sobriété énergétique » prises par le gouvernement.

Interrogée par LCI sur la tribune de plusieurs associations environnementales « Mr Le Président, éteignez les écrans », la ministre a notamment évoqué son « pouvoir technique d’éteindre les écrans. Ça s’appelle le signal Echowatt rouge ». Comprenez que lorsque le gestionnaire électrique français RTE sonne l’alerte sur les niveaux bas des stocks d’énergie, le ministère peut faire des économies en coupant les publicités sur les écrans numériques.

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Une réponse nécessaire mais dérisoire

Le texte en question avait été signé par quelque 2 000 personnes mardi 13 septembre, dont des élus écologistes (le maire de Grenoble Éric Piolle, le député Julien Bayou), des députés insoumis (Mathilde Panot, François Ruffin), socialiste (Dominique Potier), ainsi que des responsables associatifs comme la directrice générale d’OXFAM France, Cécile Duflot.

Cette première réponse du gouvernement ne répond pas vraiment aux auteurs de la tribune qui demandait « l’extinction définitive des écrans numériques publicitaires ». En effet, la ministre propose ici d’éteindre les panneaux de manière temporaire « en cas de forte tension ».

Le gouvernement a déjà réglementé en janvier 2022 l’éclairage des panneaux publicitaires la nuit. Mais les associations signataires (Résistance à l’agression publicitaire, Greenpeace, Alternatiba, Plein la vue, ANV-Cop21) jugent que l’extinction nocturne ne suffit pas. Cette mesure décidée par le gouvernement, est « une réponse nécessaire mais dérisoire », jugent-ils, car elle « ne répond pas au problème des pics de consommation le midi et en soirée ».

Un « symbole » de gaspillage d’énergie et de ressources

L’Ademe s’était penchée en 2020 sur l’impact des panneaux publicitaires numériques. L’agence dénombrait en France l’année précédente 55 000 panneaux publicitaires numériques contre 40 000 en 2017. Elle faisait également part de leur forte consommation énergétique : « Un écran publicitaire LCD numérique de 2 m² consomme 2,049 kWh/an, ce qui est proche de la consommation moyenne d’un ménage français pour l’éclairage et l’électroménager (sans le chauffage) ».

Pour les signataires les écrans publicitaires sont un « symbole » de gaspillage d’énergie et de ressources. « Ils incitent à la surconsommation, contribuent à la pollution lumineuse et servent essentiellement aux grandes entreprises, au détriment du commerce de proximité », appuient-ils encore.

La Convention citoyenne pour le climat avait proposé en 2020 l’interdiction des écrans vidéos publicitaires « dans l’espace public, les transports en commun et dans les points de vente ».

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