La crise du coronavirus pousse le Portugal à repenser son modèle touristique

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L’accalmie se confirme au Portugal sur le front du Covid-19. Après l’explosion des cas le mois dernier, le nombre de contaminations diminue doucement. Les autorités ont imposé un confinement jusqu’au 1er mars, mais celui-ci pourrait encore durer. Pour un pays dont le tourisme est l’un des secteurs-moteurs de l'économie, il s'agit d'une catastrophe. L’an dernier, le Portugal a perdu trois touristes étrangers sur quatre, selon l'Institut national des statistiques (INE). Mais certains voient dans cette mauvaise nouvelle une occasion de repenser le modèle touristique.

Avec notre envoyée spéciale à Lisbonne, Anastasia Becchio

Les foulées de quelques rares coureurs sur les pavés de la vieille ville ont remplacé le bruit incessant des valises à roulettes des touristes. Myriam, architecte, en viendrait presque à les regretter. « C'est une marée humaine, cette rue, dit-elle. Tout le temps. Je ne préférais pas non plus avant, mais c'est sûr qu'économiquement, c'était mieux pour tous ces gens-là. Il y avait vachement de vie. Ce n'est plus le Portugal, quoi. »

Dans les rues quasi-désertes du centre-ville, 80% des boutiques sont fermées. Dans la circonscription de Santa Maria Maior, 110 établissements ont mis la clé sous la porte l’an dernier.

« Une question d'équilibre »

L’absence de touristes est une catastrophe économique, mais aussi une occasion de réfléchir à l’avenir, affirme le maire, Miguel Coelho. « Je suis le premier à le dire : nous avons besoin de touristes, notre économie a besoin de touristes, admet-il. C'est une question d'équilibre. Avant le Covid-19, nous avions le problème contraire avec des problèmes très lourds : avec la gentrification, nous avons perdu 20% de notre population. Nous devons repenser le modèle touristique que nous voulons. Les crises permettent aussi ce type de changement et ça, c'est très important. »

En attendant, la mairie profite du confinement et des rues vides pour faire des travaux de voirie. Le confinement décrété à la mi-janvier est en vigueur jusqu’au 1er mars. Mais il pourrait encore être prolongé.

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