La crise du cinéma (Série 2/4): La situation aux États-Unis

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Aux États-Unis, on recense actuellement jusqu’à 1 000 morts et 100 000 nouveaux cas quotidiens de coronavirus. Cela ne va pas inciter les gouverneurs de Californie ou de New York à rouvrir les salles de cinéma. Or, les marchés de Los Angeles et de New York représentent pratiquement un tiers des recettes du box-office annuel. Une situation dramatique pour les exploitants américains.

Avec notre correspondant en Californie,

Pour donner une idée de l’ampleur de la catastrophe, il faut savoir que l’association nationale des exploitants (National Association of Theatre Owners - NATO) - notamment avec le soutien de Clint Eastwood - a écrit le mois dernier au Congrès américain pour le prévenir que, sans aide du gouvernement, 70% des petites et moyennes salles étaient menacés aux États-Unis.

AMC, la plus grande chaîne de cinémas au monde, serait au bord de la faillite avec une baisse de la fréquentation de 85% ! 900 millions de dollars de pertes sur un an. AMC a des dettes gigantesques et s’attend à avoir épuisé ses réserves de cash dès début 2021. Une petite chaîne, Studio Movie Grill, a déjà déclaré faillite. Les quelque 500 cinémas Regal, qui ont rouvert pendant l’été après le confinement, ont déjà refermé, parce que rester ouvert coûte trop cher. 40 000 emplois sont concernés.

Et puis, des cinémas tournent aussi avec des horaires réduits pour limiter ces coûts et leur capacité d’accueil reste limitée, pour des raisons sanitaires. Reste à savoir si les Américains se sentent en majorité prêts à retourner dans les salles.

À la recherche des solutions

En attendant, les exploitants cherchent des solutions. Par exemple avec les règles de distanciation sociale, les projections privées explosent. Vous pouvez inviter une vingtaine de personnes pour 100 dollars, un peu plus pour un film récent. La tendance permet aux salles de générer des revenus supplémentaires.

Une autre initiative, bien moins anecdotique, c’est ce deal passé entre AMC et les studios Universal. Un film Universal qui sort dans les cinémas AMC sera disponible en paiement à la demande seulement 17 jours plus tard au lieu des 75 jours habituels. En échange, AMC récupère une partie du prix de la vente.

Mais certains pensent que l’industrie se tire une balle dans le pied parce qu’un spectateur n’aura plus longtemps à attendre pour voir le film chez lui. En principe, cette fenêtre d’exclusivité de 75 jours doit protéger les salles.

Par contre, les grands studios assurent qu’ils ne cherchent pas à racheter une chaîne de cinéma comme dans les années trente à Hollywood. Et puis, comme en France, il n’y a pas vraiment de grosses sorties pour attirer le public…

Amazon Prime et Netflix font le buzz

Alors l’industrie a compté sur Chris Nolan et Tenet pour la sauver en septembre. Malheureusement, le film n’a récolté qu’une cinquantaine de millions de dollars aux États-Unis et cet échec relatif a refroidi les studios. Le nouveau James Bond qui devait sortir ce mois-ci a été décalé. Soul, le prochain Pixar aussi. Warner continue de programmer Wonder Woman 1984 à Noël, mais si les salles de Los Angeles et New York ne rouvrent pas d’ici là, le studio ne prendra pas sans doute pas de risque. Mais sans blockbuster, les salles ne peuvent attirer de spectateurs.

Et puis, de quel film a-t-on entendu parler ces dernières semaines hormis Tenet ? Borat 2, disponible sur Amazon Prime ou encore Les Sept de Chicago d’Aaron Sorkin produit par Netflix. Soit des films sortis sur des sites de streaming, pas en salles.

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