Crise au Liban: de plus en plus d'habitants ont désormais du mal à se nourrir

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« La famine va s’accroître dans 20 pays dans le prochain mois. » C’est le cri d’alarme du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. Des pays parmi lesquels le Yémen, le Soudan, le nord du Nigeria ou encore le Liban. Les habitants du pays du cèdre, en proie à une crise économique et politique sans précédent, s’enfoncent dans la pauvreté. Face à la chute vertigineuse de la livre libanaise face au dollar et l'explosion des prix dans les supermarchés, beaucoup de Libanais peinent désormais à se nourrir et se tournent vers des ONG pour survivre.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède

Sous une grande tente blanche installée dans un quartier plutôt aisé de la capitale libanaise, des bénévoles distribuent des repas chauds aux habitants. Des femmes et des hommes qui n’avaient pour la plupart jamais sollicité l’aide d’association, comme l’explique Shaima, l’une des volontaires.

« Nous avons des personnes de catégories sociales très différentes qui viennent ici, assure-t-elle. Des gens qu’on n’avait jamais vus réclamer de la nourriture, mais qui n’ont plus d’argent. Des personnes d’origine aisée qui subissent la crise financière et sollicitent notre soutien. Les Libanais ne sont pas habitués à demander de l’aide. Ils sont dignes et fiers. Je n’aurais jamais imaginé voir un jour mes compatriotes faire la queue pour avoir de la nourriture. Nous avons peu de donateurs et pas assez d’argent pour venir en aide à tout le monde. C’est un cauchemar. »

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L’initiative Grassroots Lebanon distribue près de 200 plats chauds par jour. Au menu aujourd’hui, des pâtes bolognaises que Joseph, 51 ans, s’empresse de mettre dans son sac.

« J'ai pris cinq repas, c'est pour ma famille : quatre enfants et moi et ma femme. Ma femme, elle est à l'hôpital, elle a le cancer. Avant, moi et ma femme on travaillait. Mon salaire était de 1 500 dollars, maintenant mon salaire est de 200 dollars, c'est très difficile à vivre. »

Comme la famille de Joseph, près d’un quart de la population libanaise vit désormais dans l’extrême pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour.

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