Crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique: «Il faut s’alarmer de la sécheresse qui frappe la région»

L’envoyé spécial des États-Unis pour la sécurité alimentaire mondiale, Cary Fowler, a salué l’arrivée d’un navire de blé ukrainien destiné à l’Éthiopie et à la Somalie, où une famine menace près de 22 millions de personnes. Il appelle au renforcement de l’autonomie alimentaire des pays africains.

RFI : Après six mois de conflit en Ukraine, la première cargaison de blé ukrainien est arrivée à Djibouti ce mardi, peut-elle limiter la crise alimentaire qui frappe la Corne de l’Afrique ?

Cary Fowler : C’était une journée importante pour les gens dans la Corne de l’Afrique. Depuis plusieurs mois, le blé produit par l’Ukraine, le principal fournisseur de la région, pour des pays comme l’Égypte, le Soudan, Le Liban, la Tunisie et la Corne de l’Afrique, était bloqué en raison du conflit en Ukraine.

Le navire qui a atteint Djibouti hier (mardi) transporte 23 000 tonnes de céréales destinées à l’Éthiopie et à la Somalie. Cette quantité de céréales peut permettre de produire environ 60 millions de miches de pain. C'est important, mais en même temps ça ne change pas le fait qu’une grande quantité de ce blé reste bloquée en Ukraine. Ce blé peut encore être exporté et utilisé pour nourrir les affamés du monde entier dès que nous pourrons le faire sortir de là. Et c'est ça l'enjeu. La reprise des exportations ukrainiennes de céréales sur le marché mondial est vraiment nécessaire pour stabiliser les prix alimentaires.

Que faut-il faire pour améliorer l’autosuffisance des pays africains afin de les rendre moins tributaires des exportations de l’Ukraine par exemple ?


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