Crise en Algérie : un pays malade de sa caste dirigeante et de son pétrole

franceinfo Afrique, Michel Lachkar
L’Algérie est un pays fragile, soumis aux aléas du prix des hydrocarbures dont il dépend à 95% pour ses exportations. Avec son économie largement étatisée, le pays ne peut espérer résorber le chômage qui touche 29% des moins de 25 ans. Il doit trouver un nouveau modèle.

Première économie du Maghreb, l’Algérie est parvenue, grâce aux prix élevés de son pétrole et de son gaz, à faire reculer la pauvreté de 20% entre 1990 et 2010 et à faire progresser de près de 17 ans l’espérance de vie à la naissance. Des avancées sociales mises à mal depuis 2010, par la baisse du prix du pétrole.

Le boom pétrolier a aussi permis d’investir massivement dans les infrastructures (routes, barrages) et d'améliorer la scolarisation primaire et universitaire. 97% des enfants sont aujourd'hui scolarisés, même si la qualité de l’éducation dispensée n’est pas à la hauteur, puisque le pays se classe 71e sur 72 dans l’étude PISA de 2015, qui mesure les compétences des jeunes de 15 ans.

Mais l’Algérie aurait pu faire beaucoup mieux, sans la corruption à tous les étages de l’administration et la prédation organisée par une petite caste au pouvoir. Malgré la richesse du pays, le chômage touche toujours plus de 11% de la population et 29% des jeunes.

Pour le réduire, l'Algérie a besoin d'une croissance annuelle de 6% à 7%. On en est loin, s’inquiète la Banque mondiale qui a abaissé ses prévisions de croissance pour le pays de 2,5 à 1,5%, en 2019. L’institution de Bretton Woods dit également s’attendre à une aggravation du déficit budgétaire qui devrait atteindre 8,5% du PIB en 2019. Déficit financé ces (...)

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