La crise de 2008 nous enseigne qu'il n'y aura probablement pas de "monde d'après"

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À entendre certains responsables politiques, le monde s’apprête à connaître une véritable révolution politique. C’est tout le sens de la tribune des "100 principes pour un monde nouveau" signée par Nicolas Hulot et publiée dans Le Monde : "Le monde d’après sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui, et il le sera de gré ou de force" sorte d’écho au "rien ne sera plus jamais comme avant" prononcé par le président de la République lors de sa dernière allocution.

La lecture naïve qui prédomine actuellement est celle de citoyens qui ne veulent plus du monde actuel

À première vue, ces discours viennent corroborer les données des différentes enquêtes d’opinion. Ces dernières montrent que les attitudes des citoyens ont évolué en faveur de transformations politiques, sociales et économiques profondes : 68% des Français sont favorables aux nationalisations des transports, de l’énergie et de l’eau, 69% soutiennent qu’il faut ralentir le productivisme, 84% souhaitent la relocalisation massive des filières de productions jusqu’ici délocalisées en Asie, selon un sondage Viavoice pour Libération. Si l’on se fie à ces chiffres, le coronavirus n’en est pas à son dernier bouleversement. Après le pic de la crise sanitaire et avant la crise économique, c’est désormais la compétition politique qui s’apprête à être touchée par un Big Bang. La lecture naïve qui prédomine actuellement est celle de citoyens qui ne veulent plus du monde actuel. Mais une fois l’épidémie terminée, les citoyens conserveront-ils durablement cette volonté de changement ou le retour à la "normale" aura t-il raison de ces envies de grand soir ?

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