Crise énergétique, superprofits, sobriété : ce qu'il faut retenir des déclarations d'Emmanuel Macron

Le président français a donné une conférence de presse, lundi, après s'être entretenu par visioconférence avec le chancelier allemand Olaf Scholz, lors de laquelle il a évoqué différents dossiers énergétiques. Il s'est notamment prononcé en faveur d'une réponse européenne à la crise de l'énergie.

Emmanuel Macron a défendu, lundi 5 septembre, une réponse européenne à la crise actuelle de l'énergie en se prononçant notamment pour une réforme du fonctionnement du mécanisme déterminant le prix l'électricité et en ouvrant la porte à une contribution financière exceptionnelle de certaines entreprises du secteur.

Il a également annoncé que la France allait augmenter ses capacités d'exportation de gaz vers l'Allemagne et que cette dernière avait accepté de livrer de l'électricité à la France en cas de besoin.

À l'échelon européen, "nous sommes favorables à des pratiques d'achat commun du gaz", a expliqué le chef de l'État lors d'une conférence de presse. En outre, "si la Commission venait à décider de mettre un plafond au prix du gaz acheté à travers les gazoducs à la Russie, la France soutiendrait une telle mesure", a-t-il ajouté.

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Il a également défendu le principe d'un "mécanisme de contribution européenne" des opérateurs énergétiques "dont les coûts de production sont très inférieurs au prix de vente sur le marché", évoquant "des bénéfices indus". Cette contribution, a-t-il expliqué, pourrait être reversée aux États membres pour financer des mesures nationales.

Le président français a aussi jugé que "le prix [de l'électricité] doit être formé de façon plus cohérente" et a prôné une lutte accrue contre les pratiques spéculatives sur le marché de l'énergie.

Ferme opposition au projet de gazoduc MidCat

Emmanuel Macron a en revanche exprimé sa ferme opposition à la relance du projet de gazoduc MidCat (Midi-Catalogne), estimant qu'il ne répondait pas aux problématiques actuelles.

"Je ne comprends pas le problème à court terme qu'on essaye de résoudre [...]. Je ne comprends pas comment on sauterait comme des cabris pyrénéens sur ce sujet", a déclaré le président français. "Je ne suis pas convaincu qu'on ait besoin de plus d'interconnexions gazières, il n'y a pas d'évidence de besoin aujourd'hui, demain", a-t-il insisté.

Toutefois, a-t-il ajouté, si Olaf Scholz ou le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez venaient à lui démontrer le contraire, "je suis prêt à revoir ma position".

L'Espagne et le Portugal disposent d'importantes capacités d'importation de gaz et le chancelier allemand, notamment, a de nouveau suggéré en août l'option MidCat pour améliorer les interconnexions du réseau gazier en Europe. La France s'y oppose de longue date, arguant notamment du coût du projet, et privilégiant l'installation de nouveaux terminaux GNL.

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Emmanuel Macron a par ailleurs appelé les Français à "être au rendez vous de la sobriété" pour éviter les rationnements cet hiver en réalisant 10 % d'économies énergétiques. "La solution est dans nos mains", a déclaré le président devant la presse, appelant à "changer les comportements" comme celui de "mettre la climatisation un peu moins fort" et "le chauffage un peu moins fort que d'habitude" lorsqu'il fera froid, citant la température de 19 degrés.

Déjà vive, la crise de l'énergie en Europe a franchi une nouvelle étape vendredi avec l'annonce par le groupe public russe Gazprom de l'arrêt pour une durée indéterminée de ses livraisons par le gazoduc Nord Stream 1, qui alimente plusieurs pays dont l'Allemagne.

Le prix du gaz sur le marché à terme aux Pays-Bas, qui sert de référence, a gagné jusqu'à 35 % lundi.

Avec Reuters