Crise énergétique: à quoi va servir le Conseil de défense convoqué ce vendredi par Macron?

Emmanuel Macron, ici avec sa Première ministre Elisabeth Borne, le 18 juin 2022, recevra ce mardi les représentants des forces politiques à l'Elysée - GONZALO FUENTES © 2019 AFP
Emmanuel Macron, ici avec sa Première ministre Elisabeth Borne, le 18 juin 2022, recevra ce mardi les représentants des forces politiques à l'Elysée - GONZALO FUENTES © 2019 AFP

Grand rendez-vous sur la crise énergétique. Emmanuel Macron réunit ce vendredi matin un Conseil de défense pour faire le point sur l'approvisionnement en gaz et en électricité et pour examiner les scénarios afin d'éviter la pénurie et de réaliser des économies. Un conseil aux objectifs multiples, alors que les réserves énergétiques, venues de Russie, se sont taries et que l'Europe se prépare à de possibles coupures cet hiver, en lien avec le conflit en Ukraine.

Échange d'informations et mise au point des priorités

Premier but de cette réunion, elle doit permettre à toutes les parties prenantes, à la fois les pôles civils et les pôles militaires, de mettre en commun toutes les informations dont elles disposent sur la crise énergétique que traverse l'Hexagone, a appris BFMTV de source gouvernementale.

Cette mise au point générale doit permettre d'établir les priorités stratégiques qui seront mises en place en cas de tension sur le réseau ou de pénurie d'énergie cet hiver.

Mais attention: le conseil ne peut décider de tout. Certaines décisions devront faire l'objet d'une loi, votée par l'Assemblée nationale.

Les scénarios en cas de coupures

L'objectif du conseil est d'établir un plan d'action au cas où les pires scénarios se mettent en place, c'est-à-dire si la Russie coupe le gaz, si le gaz liquéfié commandé par la France n'arrive pas à destination, si l'Hexagone connaît un hiver particulièrement froid et si encore les réacteurs nucléaires sont à l'arrêt.

Au cas où les mauvaises nouvelles s'enchaînaient, le conseil devra notamment déterminer qui du gaz ou de l'électricité sera coupé en premier, sachant que le redémarrage d'une installation gazière nécessite habituellement plusieurs jours.

Autre interrogation: qui sera exempté de ces coupures? Les hôpitaux, les écoles ou les commerces alimentaires, ne peuvent pas, pour des raisons évidentes, être concernés par la mise sur pause des réseaux électriques, mais d'autres institutions doivent-elles, elles aussi, être préservées? Les établissements militaires, les services publics, certaines entreprises sont notamment évoquées.

Au cas où une coupure devait survenir, la Première ministre a assuré qu'elle ne durerait pas plus de deux heures et qu'elle ne concernerait que des secteurs localisés.

Une situation tendue sur les réserves en gaz et électricité

Parmi les autres sujets sur la table viendra la question de la diversification des réseaux d'énergie. Posséder des sources d'approvisionnement multiples permettrait en effet de renforcer le réseau en énergie français, et d'éviter notamment les risques de coupures. Cela soulèverait cependant des enjeux géopolitiques, alors que les importations de gaz venu d'Algérie et à destination de la France pourraient augmenter de 50% dans les prochains mois.

La situation du gaz est actuellement tendue dans l'Hexagone, alors que Gazprom a annoncé la fin de ses livraisons à Engie la semaine passée. Du côté de l'électricité, l'indisponibilité d'une partie du parc nucléaire, notamment pour des problèmes de corrosion, pose également problème.

Élisabeth Borne a mis la pression sur EDF en lui demandant jeudi de tenir son calendrier de maintenance des réacteurs pour éviter à la France de devoir redémarrer une centrale à charbon.

Emmanuelle Wargon, la présidente de la Commission de régulation de l'énergie, s'est de son côté voulu rassurante jeudi, se disant "confiante" sur la "possibilité de passer l'hiver sans gaz russe", qui ne représente que 9% de l'approvisionnement français.

Article original publié sur BFMTV.com