Crise écologique : ces entretiens pour comprendre "l’anthropocène"

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Journaliste et rédacteur en chef du magazine " Socialter ", Philippe Vion-Dury est l’auteur avec Rémi Noyon de " Face aux chocs écologiques ", un recueil d'entretiens qui nous aide à mieux comprendre la pensée écologiste, ainsi que les fractures philosophiques et idéologiques qui la travaillent en profondeur.

Marianne : Quelles sont les principales critiques adressées à la collapsologie ?Philippe Vion-Dury : À l’intérieur du champ de l’écologie, l’une des critiques porte sur le mot d’" effondrement ". L’image que charrie ce vocabulaire issu de la collapsologie est celle d’une tour qui s’écroule sur ses bases de manière soudaine et rapide. Cela enferme la pensée des catastrophes dans l’idée que “tout” disparaîtrait “d’un coup”. En outre, l’usage est parfois abusif : on évoque beaucoup l’effondrement de la biodiversité alors que les mécanismes qui structurent le vivant – diversification, reproduction… – ne sont pas en danger aujourd’hui. On peut parler d’érosion ou de déclin, mais la capacité de la biodiversité à se reconstituer n’est pas anéantie pour autant, même si cela prendra des millions d’années. Interroger les mots est essentiel pour qui veut développer un vocabulaire à la hauteur de la crise.Une autre critique s’en prend au sérieux de la méthodologie dont se réclament les collapsologues, laquelle consiste à lier des faits dramatiques entre eux pour montrer qu’ils “font système” et annoncent très certainement un grand effondrement à venir. Le problème, c’est...

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