Les cris d’amour de la mère de Charb

Par Saïd Mahrane
·1 min de lecture
Denise Charbonnier, au centre, lors des funérailles de son fils Stéphane, connu sous le pseudonyme de Charb, le 16 janvier 2015.
Denise Charbonnier, au centre, lors des funérailles de son fils Stéphane, connu sous le pseudonyme de Charb, le 16 janvier 2015.

On pourrait s'imaginer lire des lettres d'une mère à son fils parti au front et qui ne reviendrait jamais. Le 7 janvier 1915 remplacerait le 7 janvier 2015. Les mots résonnent ainsi, et rappellent le « petit bonhomme », les détails émouvants et les tendres surnoms que donnaient les parents aux conscrits de 1914. Seulement, ces lettres-ci sont de notre siècle et les évocations de « Charlie Hebdo », de « BFM », de Manuel Valls et de François Hollande, dès les premières lignes, rappellent un moment tragique de notre histoire nationale.

Cette histoire, pour elle intime, nous est racontée par Denise Charbonnier, la mère de Charb, patron de Charlie Hebdo, victime de l'attentat contre son journal. C'est par sa mort, celle de « Chachane », à qui Denise s'adresse, que commence cette Lettre à mon fils Charb (JC Lattès), le récit d'une vie sans lui. « Manuel Valls, le Premier ministre, me téléphone. Nous échangeons quelques mots. Il me confirme ton décès. Je raccroche. Notre sort est scellé. Nous sombrons ».

À LIRE AUSSIGernelle ? Tout reste à faire

« Pourquoi les avez-vous laissés tomber ? »

En débutant cet article, on a peut-être commis l'erreur, comme François Hollande avant nous, de laisser entendre que Charb, dans le fond, serait pareil aux « héros » d'une guerre menée, en l'occurrence, contre l'obscurantisme. « Tu n'es pas un héros, répond sa mère, tu es une victime de ces fous furieux, et de la négligence de l'État. » Les termes sont posés, avec « colère », donc q [...] Lire la suite