Criquets pèlerins : un itinéraire meurtrier

Ils ont envahi le ciel et les villes du Rajasthan (Inde) en un éclair. Comme si la crise du coronavirus ne suffisait pas, le nord de l’Inde subit sa pire invasion de criquets depuis vingt-sept ans, venus du Pakistan voisin, où ils sévissent depuis plusieurs semaines, le temps de ravager des hectares de végétation. Le Pakistan, l’Iran avant, l’Inde aujourd’hui. Ces insectes proviennent à l’origine de la péninsule arabique. C’est de là également qu’ils sont partis pour envahir l’Afrique de l’Est, fin 2019, et ne cessent depuis de progresser. Nous avions pu le constater, fin février dernier déjà, quand la malédiction du criquet pèlerin s’était abattue sur le Kenya. Des pluies anormalement abondantes à l’origine du fléau ? Des insectes incroyablement voraces qui mangent l’équivalent de leur poids chaque jour et sont capables de dévaster des plantations entières en quelques heures. Les criquets pèlerins se multiplient par 20 tous les mois et peuvent parcourir 150 km par jour. Ce sont les pluies anormalement abondantes qui expliquent cette invasion historique de criquets. Il y a urgence. Pour cette guerre, il faut des milliers de litres de pesticides. La fin justifie les moyens. Les criquets sont maintenant arrivés jusqu’au Soudan et menacent maintenant d’envahir le Sahel. La guerre contre le criquet est loin d’être finie, et a un coût : au moins 275 millions d’euros, d’après les Nations unies.