"Un criminel ne s'arrête pas comme ça": pourquoi la mort du "Grêlé" ne met pas fin à l'enquête

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La mort de cet homme met fin à un mystère policier qui a duré 35 ans, mais l'enquête policière n'est pas terminée pour autant. (Photo d'illustration) - AFP
La mort de cet homme met fin à un mystère policier qui a duré 35 ans, mais l'enquête policière n'est pas terminée pour autant. (Photo d'illustration) - AFP

Les analyses ADN prouvent que François Vérove, 59 ans, qui s'est suicidé au Grau-du-Roi (Gard) ce mercredi, est bien le "Grêlé", ce meurtrier et violeur recherché depuis 1986. La mort de cet homme met fin à un mystère policier qui a duré 35 ans, mais l'enquête policière n'est pas terminée pour autant.

Tout d'abord, il y a une incohérence entre les informations qu'ont les policiers qui dataient le dernier crime du "Grêlé" à 1994 alors que la lettre de suicide de ce dernier précise qu'il s'est arrêté après 1997.

"Si c’est vrai, il va falloir rechercher les actes qu’il a pu commettre dans ces trois années", réagit Me Corine Hermann, avocate représente le frère de la petite Cécile Bloch, retrouvée morte en 1986, alors qu'elle n'avait que 11 ans.

"Un criminel ne s'arrête pas comme ça"

Cependant, "il va falloir qu'on reprenne tout son parcours parce que, certes, on a 8 crimes qui sont reliés par l'ADN mais il y a d'autres affaires où on n'aura pas d'ADN (...) Au lieu de le faire jusqu'à 94, on le fera jusqu'à 97 et moi, je dirais même jusqu'à aujourd'hui parce qu'il va quand même falloir vérifier s'il ne nous a pas manipulés", lance-t-elle sur BFMTV.

Une inquiétude partagée par Bernard Pasqualini, ancien enquêteur de la brigade criminelle de Paris: "un criminel ne s'arrête pas comme ça du jour au lendemain, je suis très dubitatif sur son arrêt qu'il revendique". Selon lui, ses collègues "auront l'occasion de trouver d'autres affaires".

"Il meurt innocent"

C'est dans l'espoir d'en trouver d'autres que Didier Seban, avocat de la famille de Cécile Bloch, "a déjà saisi les juges de trois affaires où nous notons des ressemblances ou des éléments géographiques". Selon lui, "il faut chercher dans l'Hérault autour de Marseille où il a habité ensuite", car "rien ne nous dit que cet homme n'a pas continué au-delà de 97".

Moins optimiste, Me Romain Boulet, avocat d'une victime, estime que "l'action publique va s'éteindre". "Pendant quelque temps, il y a des vérifications qui vont être faites. On va se poser la question de savoir s'il n'avait pas des complices" mais "ces investigations ne vont pas pouvoir durer dans le temps parce qu'on a plus l'accusation, la personne à qui s'opposer".

"Il meurt innocent, il ne sera jamais déclaré coupable de ces faits-là et on ne pourra jamais le confronter à éventuellement d'autres éléments retrouvés par la suite", regrette enfin l'avocat.

Article original publié sur BFMTV.com

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