Crimes de guerre : des Syriens traqués par la justice en Europe

Lorsqu'il est arrivé en Allemagne en 2015, personne n'imaginait que cet homme serait aujourd'hui inculpé de crime contre l'humanité. Réfugié, mêlé aux centaines de milliers de Syriens qui ont fui la guerre civile, ce médecin avait suivi une formation en Allemagne avant de se faire embaucher dans une clinique sans éveiller de soupçon. Il était déjà médecin avant son arrivée en Syrie, selon le parquet allemand. Il travaillait dans un hôpital militaire du régime de Bachar al-Assad où il est soupçonné d'avoir torturé 18 personnes, provoquant la mort d'au moins un détenu. Des hauts-gradés aperçus en Europe Maître Anwar Al-Bunni, ancien opposant en Syrie, représente des victimes présumées du médecin. "Ce médecin en Allemagne a menacé un patient réfugié syrien qui venait à la clinique, il lui a dit qu'il avait son nom et qu'on ferait du mal à sa famille restée en Syrie car ce patient était contre le régime". Chaque jour, l'avocat reçoit des témoignages racontant que des hauts-gradés du régime syrien auraient été aperçus en Allemagne, en Suède ou en France. Il y en aurait au moins un millier en Europe, dans une impunité en train de prendre fin.