Le cri d'alarme d'une Saoudienne à Emmanuel Macron

Propos recueillis par Armin Arefi
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À 31 ans, Loujain al-Hathloul, militante pour le droit des femmes à conduire et l'abolition du système de tutelle, croupit en prison depuis deux ans et demi dans la prison d'Al Hayer, à Riyad, sans avoir été jugée.
À 31 ans, Loujain al-Hathloul, militante pour le droit des femmes à conduire et l'abolition du système de tutelle, croupit en prison depuis deux ans et demi dans la prison d'Al Hayer, à Riyad, sans avoir été jugée.

Ses yeux perçants et son sourire ravageur cachent un sombre destin. À 31 ans, Loujain al-Hathloul, militante pour le droit des Saoudiennes à conduire un véhicule et pour l'abolition du système de tutelle, croupit depuis deux ans et demi dans la prison d'Al Hayer, à Riyad, sans pour autant avoir été jugée. Si bien que, le 26 octobre dernier, elle a entamé une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention. Pour les médias saoudiens, à la solde du tout-puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, la militante aurait trahi la nation et déstabilisé le pays. Pourtant, d'après les charges pesant sur elle, c'est bien ses activités pour défendre les droits de l'homme qui lui sont reprochées.

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Ces accusations sont d'autant plus étonnantes que MBS, depuis son accession au pouvoir en 2015, s'emploie à diffuser au monde entier une image de prince réformateur au sein de cette monarchie ultraconservatrice. Le fils du roi Salmane a été à l'origine en 2018 de l'autorisation historique des femmes saoudiennes à conduire. L'année suivante, l'Arabie saoudite a allégé le très strict système de « tutelle » auquel sont soumises les femmes du royaume. Mais le tableau a été noirci par l'effroyable assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, qui a levé le voile sur les méthodes expéditives du prince héritier contre toute forme de critique à son en [...] Lire la suite