"Plus tu creuses, plus tu vis" : au cœur des tranchées du Donbass avec les soldats ukrainiens

Des soldats dans les tranchées, au Donbass, à l'est de l'Ukraine - BFMTV

BFMTV a pu se rendre dans le Donbass, à seulement 800 mètres des positions russes. En première ligne, l'armée ukrainienne s'organise dans les tranchées pour tenter de gagner du terrain.

"Plus profond tu creuses, plus longtemps tu vis." Derrière l’image d’un conflit moderne à base de drones et de missiles, la guerre en Ukraine, ressemble, dans l'est du pays, aux combats du XXe siècle. En première ligne, les tranchées s’imposent encore comme le nerf de la guerre.

Dans le Donbass, elles sont devenues indispensables "pour se déplacer entre les positions. C’est important pour ne pas courir dans le champ à découvert", explique un soldat ukrainien membre d'une brigade d'assaut.

Des conditions de vie difficiles

Masqués par les travées et les renfoncements terreux, lui et ses compagnons observent et défendent des positions avancées. L'armée russe, elle, n’est qu’à 800 mètres.

"Ils nous visent avec des mitrailleuses", continue le soldat.

L’hiver est désormais tombé sur l’est ukrainien et ici le thermomètre affiche régulièrement des températures autour de -10°C. Depuis un mois maintenant, les hommes vivent donc 24h sur 24 dans des campements souterrains de fortune.

"Sans des lieux comme ça, on pourrait jamais survivre. Ça aurait été trop dur de vivre dans les tranchées dans le froid sans chauffage, avec la pluie et la neige", dit au micro de BFMTV Pashtet, soldat du 79e bataillon d'assaut.

Devant nos caméras, certains combattants, comme Katcha, n'hésitent pas à se vanter de leurs actions de guerre. "Les troupes sont descendues des camions. À peine sortis, j’ai tiré dans la foule. Je pense que j’ai tué au moins 20 personnes… pour sûr", lance-t-il.

Pour la plupart, ces hommes aguerris se battent dans le Donbass depuis le début de la guerre. Et ne comptent pas s’arrêter avant que l'armée russe ne soit repoussée au-delà des frontières.

Article original publié sur BFMTV.com

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