Crash A320 : "l'identification de toutes les victimes possible d'ici à la fin de la semaine", annonce F. Hollande

"L'identification de toutes les victimes sera possible d'ici à la fin de la semaine", annonce François Hollande, mardi 31 mars. Le crash de l'A320 de la Germanwings a fait 150 victimes, mardi 24 mars. 

Un chemin d'accès pour véhicules tout-terrain a également été mis en place pour donner accès aux lieux du crahs pour les enquêteurs.  Il permet également l'évacuation de grosses pièces de carlingue, difficiles à rapatrier par hélicoptère.

La police nationale a installé un laboratoire à Seyne-les-Alpes, dans un lieu tenu secret, où travaillent "une cinquantaine de médecins légistes, de dentistes légistes, la police nationale qui travaille dans l'identification, (et) des techniciens d'investigation criminelle locaux", mobilisés pour "rendre les corps des victimes à leurs proches le plus tôt possible", a expliqué Patrick Touron, directeur-adjoint de l'institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.

Un travail menacé

Samedi, de nouveaux éléments sont apparus. Le copilote souffrait d'une dégradation de ses capacités visuelles. Il en avait déjà perdu 30%, et son employeur n'était pas au courant. Et ce problème médical était évolutif, ce qui remettait en question les projets de l'homme, qui souhaitait passer de Germanwings à la Lufthansa en tant que commandant de bord.

Des médicaments pour troubles psychiques

Selon une ancienne petite amie du copilote, Andreas Lubitz voulait que tout le monde connaisse son nom. Mary W. déclare dans le quotidien allemand Bild : "Lorsque j'ai appris cet accident, je me suis souvenue d'une phrase qu'il avait prononcée: 'Un jour, je ferai quelque chose qui changera le système et alors tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra". Durant leurs investigations, les enquêteurs ont retrouvé des médicaments pour troubles psychiques à son domicile.

"Il parlait peu de sa maladie"

"Je n'ai pas compris alors ce qu'il avait voulu dire, mais aujourd'hui, c'est clair", poursuit cette hôtesse de l'air de 26 ans qui a eu une liaison avec le pilote de la filiale low-cost de la Lufthansa en 2014.
"Il ne parlait pas beaucoup de sa maladie, disait seulement qu'il était en traitement psychiatrique", poursuit-elle.

En arrêt de travail pour dépression

Andreas Lubitz était en arrêt de travail pour dépression du 16 au 29 mars. Il avait caché sa maladie à son employeur en ne remettant pas le document à ses supérieurs. Il n'aurait donc pas dû voler le jour du crash. Le parquet de Düsseldorf a confirmé que "des certificats d'incapacité de travail, qui ont été déchirés, qui étaient récents et même datés pour le jour des faits, appuient l'hypothèse qu'il a caché sa maladie à son employeur et à ses collègues de travail."

Des antidépresseurs retrouvés

Les enquêteurs allemands ont retrouvé au domicile d'Andreas Lubitz des antidrépresseurs. Son dossier médical a également été saisi par la police.

Ces nouveaux éléments placent la personnalité du copilote, Andreas Lubitz, 28 ans, au cœur de l’enquête. Il était entré chez Lufthansa en 2013 et ne comptait que 630 heures de vol à son actif depuis la fin de sa formation.

 

Andreas Lubitz, le copilote

 

"Des indices"

Les enquêteurs allemands ont fouillé jeudi soir les deux domiciles d'Andreas Lubitz, à Düsseldorf où il avait un appartement et à Montabaur, où il vivait une partie du temps chez ses parents. Une personne, le visage caché sous un manteau, en est sortie avec les enquêteurs. Les forces de l'ordre sont également reparties avec l'unité centrale d'un ordinateur, ainsi que deux grands sacs bleus et un carton visiblement pleins. Le porte-parole de la police de Düsseldorf, Marcel Fiebig, s'est exprimé sur ces perquisitions. "On a saisi des indices. Il s'agit de divers objets et papiers", a-t-il raconté. "On verra si (les indices saisis) apportent finalement des éléments de preuve. On va étudier tout cela", a-t-il précisé.

Les enquêteurs ont également entendu son ancienne petite amie qui a expliqué que l'homme suivait depuis 6 ans un traitement pour lutter contre sa dépression.

Un suicide ?

L'hypothèse du suicide est la plus plausible à ce stade des investigations. Quant à savoir si son geste était prémédité, aucune lettre d'adieu ni aucun indice en ce sens n'ont été retrouvés.

Manuel Valls a déclaré vendredi 27 mars sur iTélé que "tout s'orient(ait)" vers l'hypothèse d'un acte délibéré du copilote, même si "nous devons attendre la fin de l'enquête", évoquant un "geste fou, incompréhensible, horrible". "Comment peut-on imaginer qu'un pilote en qui on a toute confiance -ce sont des héros pour beaucoup- précipite, après avoir fermé la porte ou empêché le pilote de rentrer dans la cabine, l'avion dans la montagne ?", a poursuivi Manuel Valls.

Andreas Lubitz avait validé tous les tests psychologiques de la Lufthansa. Mais comment  pouvait-il voler sous antidépresseurs alors que cela est interdit ?

Il existerait des failles dans le suivi médical des pilotes :

 

Nouvelles consignes de sécurité

Ce crash de la Germanwings posent évidemment bien des questions de sécurité. L'Agence européenne de la sécurité aérienne recommande désormais la présence constante de deux personnes dans le cockpit. Cinq compagnies ont d'ores et déjà décidé d'appliquer la mesure : Air France, la canadienne Air Transat, Norwegian Air Shuttle, Icelandair et Easyjet.

Depuis les attentats de 2001, la sécurité du cockpit a été renforcée. Les portes ne peuvent plus être ouvertes de l’extérieur sauf par un digicode que seuls le pilote et son co-pilote connaissent. En revanche, il y a également un loquet qui permet de verrouiller la porte blindée de l’intérieur du cockpit. C’est donc ce dispositif qui a sans doute empêché l’ouverture du cockpit avant le crash.

Conversation normale en début de vol

C’est l’examen de la première boîte noire recueillie sur les lieux de l’accident le 25 mars qui met en lumière le scenario du crash délibérément provoqué par le copilote.

Un Airbus emporte à son bord deux boîtes noires. L’une enregistre les paramètres techniques du vol, la seconde grave les conversations et tous les éléments sonores qui se produisent à l’intérieur du cockpit. C’est cette seconde qui a été retrouvée et analysée.

On y entend les deux pilotes converser normalement en allemand, au début du vol. Vers 10h30, le commandant de bord quitte le cockpit, sans doute pour se rendre aux toilettes.

Le pilote a tenté ensuite d'entrer de nouveau dans le cockpit, mais la porte était bloquée. Il a essayé de la débloquer, criant le prénom du copilote. "Andreas, ouvre cette porte, ouvre cette porte !", lui a-t-il intimé. Il a, à coups de hâche, tenté le tout pour le tout, sans succès. C'est ainsi que les enquêteurs ont identifié, grâce aux cris du commandant de bord, lequel des deux était aux commandes de l'avion au moment du crash, selon une source proche de l'enquête.

"Une volonté de détruire"

Le copilote a actionné volontairement les commandes de descente, de façon qui peut être analysée "comme une volonté de détruire" l'avion, a expliqué jeudi 26 mars le procureur. Brice Robin a précisé qu'il n'avait répondu à aucune des sollicitations du contrôle aérien et qu'il n'avait prononcé aucun mot. Mais, a-t-il ajouté, un bruit de respiration est audible pendant toute la dernière phase du vol, ce qui signifie que le copilote était vivant.

Ecoutez toutes les informations données par Brice Robin.

 

 

 

 

Les familles des vicitmes entre deuil et colère

Les familles des victimes, notamment allemandes ou espagnoles, se recueillent depuis le 26 mars dans la région du crash. Endeuillées, elles sont aussi gagnées par la colère à l'idée qu'un homme seul a fait basculer le destin des leurs.

 

          

Après le deuil, c'est la question de l'indemnisatoin des proches des victimes qui se pose : la Lufthansa annonce qu'elle versera 275 millions d'euros aux victimes du crash de l'airbus A320.