Crack : Paris, le parc de la honte

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Chassés de la porte de la Chapelle, les dealers et consommateurs de crack se sont retrouvés autour du bassin de la Villette. Des tirs de mortiers d’artifice lancés par des riverains contre les toxicomanes ont obligé la préfecture à réagir en les incitant à se regrouper dans ce parc. Au grand dam d'Anne Hidalgo, qui accuse : « L’État laisse pourrir la situation. »

Pieds nus, yeux rougis, dos courbé, il se faufile à toute vitesse. Avec sa claquette de piscine dans une main, il balaie la terre mouillée, scrute les bouts de crack perdus sur le sol. Il se retourne tel un fugitif, se met à sautiller. Il sourit. Ses dents semblent s’être délitées une à une. Il s’engage vers le préau de l’aire de jeu. Face à l’une des gardiennes, prête à lancer un coup de sifflet, l’homme famélique âgé d’une quarantaine d’années se redresse, lève ses deux bras : « Je peux passer, tata ? J’ai le droit ? Je peux passer ? » « Tu ne fumes pas dans les aires de jeu ! » ordonne-t-elle.

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« Tata » ou « maman » est en poste depuis plus de quarante ans. À la fois gardienne, agente, protectrice, elle sent venir la moindre bagarre. Âgée de 66 ans, elle compte les jours avant sa retraite, bouleversée par ces parents qui débarquent une photo à la main. Comme ceux qui cherchaient leur fille, Myriam. Elle avait fêté ses 21 ans dans ce square avec une flasque de whisky, en plus de sa dose. Elle a été hospitalisée un temps, puis est revenue. L’obsession du crack encore et toujours.

La galette – on l’appelle aussi boulette, caillou, biscuit ou « ferrero » – vaut de 10 à 20 euros

De ce côté des jardins d’Éole, entre le XVIIIe et le XIXe arrondissement de Paris, le toboggan accolé à la maisonnette en bois a été délaissé par les familles. Ce jour-là, une vingtaine de « crack heads » ou « craqueurs » s’agglutinent sous le préau durant l’orage tandis que trois enfants déterminés à braver l’averse tentent de se réapproprier les lieux, sous les regards inquiets de leurs parents. Les agents municipaux surveillent la troupe de « toxicos ». Il y a un mois, ce sont deux femmes qu’il a fallu(...)


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