Crack à Paris: Didier Lallement défend le "mur de la honte" et assure que personne n'a appelé à "le démonter"

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Didier Lallement, préfet de police de Paris, à l'antenne de BFMTV le lundi 8 novembre 2021 - BFMTV
Didier Lallement, préfet de police de Paris, à l'antenne de BFMTV le lundi 8 novembre 2021 - BFMTV

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"Il faut trouver des solutions plus définitives." Dans le cadre de sa soirée Ligne Rouge consacrée au crack à Paris, BFMTV a pu s'entretenir avec le préfet de police de la ville Didier Lallement. Interrogé sur la prolifération des trafics de cette drogue dévastatrice, ce dernier a rappelé que le travail policier était rendu difficile par les caractéristiques même du trafic de crack.

"Ce n'est pas une drogue comme une autre, c’est une drogue facilement fabriquée, sur un réchaud de cuisine, par des petits trafiquants, il y a très peu de cocaïne, c’est un trafic dispersé, éclaté, il n’y a pas de trafiquants internationaux avec des laboratoires et filières entières. C’est un trafic assez difficile à démembrer, ce qui explique sa persistance, qui existe de façon endémique", commence-t-il.

"Je comprends que le mur puisse choquer"

Interrogé quant au mur construit courant septembre dans le tunnel du passage Forceval, surnommé "mur de la honte", le préfet de police parisien, qui a déjà fait polémique à plusieurs reprises ces dernières années, a justifié l'apparition de cet édifice et critiqué des "postures" dans les critiques.

"Ce mur, je l’ai fait construire pour une raison essentielle, pour que les toxicomanes ne se réfugient pas dans le tunnel. On a fait murer les deux bouts, si j’avais voulu éviter le simple passage, je n’aurais fait murer qu’un seul bout. Ce sont les deux accès qui ont été murés pour voir tout le temps ce qui se passe dans le campement", explique-t-il, soulignant que le travail des agents de police consiste également à collecter des indices et à observer.

Selon lui, les critiques qui ont visé ce mur sont vides de sens. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, s'était par exemple rendue à Pantin peu après la construction du mur et avait estimé qu'il "ne résoudrait pas le problème."

"Ce que j’observe, c’est que personne ne m’a demandé de démonter ce mur, personne, pas plus la mairie de Paris que de Pantin ou Aubervilliers. C’est donc qu’il a une utilité. Je comprends que ça puisse choquer, et c’est normal. Penser que ce simple mur suffise à éviter d’aller à Pantin ou Auber est paradoxal. On me reproche qu’il y ait quelques consommateurs de crack de l’autre côté. Il y a un certain paradoxes à dire vous avez fait un mur et il y a des toxicomanes de l’autre côté", ajoute-t-il encore.

"Solution provisoire"

De plus, Didier Lallement a été questionné quant au transfert de 130 consommateurs de crack vers la place Auguste-Baron, dans un secteur qui avait été décrit "sans riverains aux abords immédiats" par la préfecture de police. Après avoir admis que "cet endroit n'était pas le bon", le préfet assure qu'il s'agit "du seul que j'ai trouvé, si quelqu'un a une idée, je suis à sa plus entière disposition."

"C'est une solution provisoire. [...] J’ai choisi cet endroit car c’est dans Paris l’un des plus isolés dans le sens où les riverains proches ne le sont pas tant que cela. Il y a des personnes à proximité mais moins que sur la rue Riquet", où les toxicomanes se trouvaient auparavant, martèle-t-il.

Si la situation est loin d'être idéale, Didier Lallement l'assure, celle-ci ne s'améliorera pas avec uniquement une réponse policière.

"Bien sûr que c’est inhumain, c’est pour ça que j’appelle les acteurs institutionnels à nous aider. Il faudrait une antenne médicale jour et nuit pour les aider. Je n’ai pas dit qu’ils ne faisaient rien, mais j’espère qu’ils vont aider à trouver des solutions. C’est le rôle de tous ceux qui ont des compétences", ajoute-t-il, avant de lancer un appel aux riverains. "Il faut qu’ils soient raisonnables, on ne fera pas disparaître les toxicomanes d’un coup de baguette magique", conclut-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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