Crèches: pourquoi faire garder ses enfants à la rentrée est toujours aussi difficile

Crèches: pourquoi faire garder ses enfants à la rentrée est toujours aussi difficile

Un éternel casse-tête. Cette rentrée encore, de trop nombreux parents se retrouvent sans solution de garde pour leurs enfants, faute de place en crèche. Quelques chiffres permettent de résumer l'ampleur du problème. En France, près d'un tiers des parents veulent une classe en crèche pour leur enfant. Parmi eux, seuls 18% sont exaucés.

Il ne s'agit là que d'une moyenne, de fortes disparités existant sur le territoire. La région parisienne est légèrement mieux dotée - 26% des parents trouvent une place pour leur enfant - tandis qu'en zone rurale, l'offre est parfois réduite à néant.

Pénurie de professionnels

Il existe actuellement 458.000 places en crèche en France, et le secteur estime qu'il en manque encore 230.000. Résultat, 56% des parents finissent par garder leurs enfants par leurs propres moyens.

"La raison majeure de cette crise est la pénurie de professionnels dans le secteur de la petite enfance, comme d'ailleurs dans tous les métiers du service à la personne", explique sur BFMTV Élisabeth Laithier, présidente du comité de filière "petite enfance" qui associe acteurs publics et représentants syndicaux .

"Aujourd'hui nous avons en France 9512 places en accueil collectif durablement fermées par manque de professionnels", indique la présidente de ce comité instauré en 2021.

Les quelque 740.000 assistantes maternelles françaises, qui représentent une autre solution de garde pour les parents, ne suffisent pas. En dix ans, la profession a perdu 15% de ses effectifs.

Revalorisation de l'image

"Ce qu'il faut, c'est une revalorisation importante de l'image de ces métiers", plaide Élisabeth Laithier, alors qu'un rapport accablant de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait fait état au printemps de cas de maltraitance en crèche.

Membre du collège "Défense et promotion des droits de l’enfant" auprès de la Défenseure des droits, Élisabeth Laithier évoque enfin la nécessité d'une "revalorisation financière" et d'un renfort sur la "formation" des professionnels.

En juin dernier, à l'occasion d'un Conseil national de la Refondation dédié à la petite enfance, la Première ministre Élisabeth Borne avait annoncé la création de 100.000 places d'accueil supplémentaires pour les jeunes enfants d'ici 2027, avec l'objectif d'aboutir à 200.000 d'ici 2030.

Ces nouvelles places bénéficieront d'un "apport financier supplémentaire" de 5,5 milliards d'euros cumulés sur 2023-2027, selon Matignon.

L'annonce avait été accueillie froidement par les syndicats du secteur. "Comment créer des nouvelles places quand il manque déjà 10.000 professionnels pour assurer les places existantes?", avait interrogé Cyrille Godfroid, secrétaire général du syndicat national des professionnels de la petite enfance.

Article original publié sur BFMTV.com