CPI: l'avocat kényan Paul Gicheru bientôt libéré

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Accusé d’avoir corrompu des témoins à charge lors du procès à la CPI de l’actuel vice-président kényan William Ruto pour crimes contre l’humanité, Paul Gicheru est sur le point d’être remis en liberté provisoire par la Cour pénale internationale.

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

À la surprise générale, Paul Gicheru s’était livré à la CPI de son plein gré en novembre, mais a souhaité être remis en liberté provisoire. La Cour a finalement accepté, reconnaissant que les risques de fuite étaient réduits. La juge a toutefois posé des conditions à sa liberté.

L’avocat kényan devra déposer une caution de 10 000 dollars, se rendre à la Cour à tout moment si elle le demande, s’abstenir de toute déclaration sur l’affaire et être joignable 24h/24. Par ailleurs, Paul Gicheru n’aura pas le droit de contacter les témoins ou victimes liées à son affaire et ses voyages à l’étranger seront limités.

Ses avocats avaient estimé que sa détention devait cesser car l’accusé est de bonne foi, d’abord parce qu’il s’est rendu de son plein gré et ensuite parce qu’il coopère avec la justice.

Ses conseils ont aussi rappelé que Paul Gicheru était présumé innocent, qu’une détention prolongée serait une violation des droits de l’homme et que pour se défendre, il devait être au Kenya, afin de rassembler des éléments nécessaires à sa défense.

On s’attendait à ce que la Cour fasse preuve de souplesse, d’autant que la procureure Fatou Bensouda n’était pas opposée à cette remise en liberté.

Cependant, bientôt trois mois après, on ne sait toujours pas pourquoi Paul Gicheru s’est rendu, mais il a déjà annoncé qu’il ne plaiderait pas coupable.