Tomber malade du Covid-19 peut être aussi dangereux qu'une morsure de serpent à sonnette

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Une étude américaine démontre qu'une enzyme présente dans le Covid-19 présente des similitudes avec une enzyme active dans le venin de serpent à sonnettes.

Des chercheurs américains ont identifié une enzyme dans le Covid-19 qui ravage le corps de la même manière que les neurotoxines du venin de serpent à sonnette. 

Tomber malade du Covid-19 peut être aussi dévastateur qu'une morsure de serpent à sonnette. C'est ce qu'affirment des chercheurs américains ayant identifié une enzyme dans le Covid-19 qui ravage le corps comme les neurotoxines du venin du serpent à sonnette, selon l'étude publiée dans The Journal of Clinical Investigation.

L'enzyme du coronavirus nommée sPLA2-IIA présente de nombreuses similitudes avec une enzyme active dans le venin des serpents à sonnette. Elle se trouve à de faibles concentrations chez les individus en bonne santé et est connue pour jouer un rôle essentiel dans la défense contre les infections bactériennes, indique les chercheurs. Cibler cette enzyme qui provoque des inflammations sévères pourrait être la clé pour traiter les formes graves du Covid-19 et pourrait être une nouvelle cible thérapeutique pour réduire la mortalité liée à la maladie.

Elle peut détruire les membranes cellulaires du patient

Mais lorsque cette enzyme circule à des niveaux élevés, elle détruit les membranes cellulaires du patient. "Cette enzyme essaie de tuer le virus, mais à un moment donné, elle est libérée en quantités si élevées que les choses vont dans une très mauvaise direction, détruisant les membranes cellulaires du patient et contribuant ainsi à la défaillance de plusieurs organes et à la mort", indique le professeur Floyd Chilton, auteur principal de l’étude.

Selon les chercheurs, cette découverte permet de savoir qui sont les patients qui risquent le plus de développer des formes graves du coronavirus : "Nous avons identifié un nouveau marqueur sanguin qui est très élevé chez les patients atteints de Covid-19 sévères et qui en sont décédés par rapport aux patients négatifs ou atteints de Covid légers", détaille le professeur de microbiologue et d'immunologie Maurizio Del Poeta, également co-auteur de l’étude.

Vers un nouveau traitement pour soigner le Covid-19 ?

Les chercheurs ont collecté 281 échantillons de plasma sanguin de patients hospitalisés à l'hôpital universitaire de Stony Brook (New York) entre janvier et juillet 2020 et ont constaté que 63% des patients décédés du Covid-19 présentaient des niveaux beaucoup trop élevés de cette enzyme. Un niveau 5 fois plus élevé que chez les patients ayant guéris de formes graves du Covid-19 et 10 fois plus élevés que chez les patients atteints de formes modérées.

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Ces analyses permettent d'envisager l'utilisation de traitements visant la sPLA2-II pour permettre à de nombreux patients de ne pas succomber au Covid-19. "Étant donné que des inhibiteurs de sPLA2-IIA existent déjà, notre étude soutient l'utilisation de ces inhibiteurs chez les patients présentant un niveau élevé de sPLA2-IIA pour réduire, voire prévenir, la mortalité due au Covid-19", conclut Maurizio Del Poeta.

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