Covid-19 : doit-on craindre la mutation du virus observée au Royaume-Uni ?

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La nouvelle variante du coronavirus SARS-CoV-2 observée dans le sud-est de l'Angleterre pourrait être à l'origine de la propagation rapide de la maladie à Londres.

Des scientifiques britanniques ont révélé que plus de 1100 personnes ont été contaminées par une variante du Covid-19 dans le sud-est de l’Angleterre. Doit-on craindre cette mutation ?

À l’heure où la campagne de vaccination s’accélère au Royaume-Uni et arrive à grand pas pour les pays de l’Union européenne, les autorités britanniques ont fait état d’une mutation du coronavirus SARS-CoV-2 dans le sud-est du pays. Signalée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette souche qui a été identifiée chez au moins 1108 personnes pourrait être à l’origine de la propagation “exponentielle” du virus observée dans la zone a annoncé le ministre de la Santé Matt Hancock.

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Pour rappel, Londres et plusieurs régions du sud-est ont été placés sous le plus haut niveau d’alerte à partir de ce mercredi en raison de cette récente montée des cas.

VIDÉO : Coronavirus : une mutation inquiétante ?

Il est encore trop tôt pour savoir si cette nouvelle variante du Covid-19 est très présente dans la région car ce virus muté se transmet plus facilement ou s’il y a tout simplement une forte incidence dans la zone concernée. Si la prudence reste de mise, les autorités se veulent rassurantes et affirment que rien n’indique pour l’instant que cette mutation transmet une forme plus grave de la maladie.

Les virus sont “en constante mutation”

Si des analyses réalisées par Public Health England (PHE) sont en cours pour déterminer la menace posée par cette variante du Covid-19, le Dr Andrew Davidson, lecteur en virologie à l’Université de Bristol interrogé par The Independent, explique que les virus tels que le Sars-CoV-2 sont en “constante mutation”. Il rappelle par exemple que les scientifiques étaient déjà au courant d’une souche précédente, appelée D614G, qui est par la suite devenue dominante dans de nombreux pays. Ces mutations font même partie du mode de fonctionnement normal des virus. C’est notre système immunitaire qui oblige les virus à muter en développant de nouvelles souches pour survivre.

Sur son site, le consortium Covid-19 Genomics UK précise que “seule une très petite minorité [des mutations] est susceptible d’être importante et de modifier le virus de manière conséquente”, comme par exemple une modification de la capacité à infecter les personnes ou à provoquer une maladie bien plus grave.

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Malgré un nombre important de mutations depuis le début de la pandémie, le génome du Sars-CoV-2 reste bien plus stable que ceux d’autres virus, comme le rappelle la revue Nature : “Les données de séquençage suggèrent que les coronavirus changent plus lentement que la plupart des autres virus à ARN.”

Le vaccin menacé ?

Le Dr Davidson ajoute par ailleurs que les vaccins actuellement à l’étude produisent des anticorps contre de nombreuses régions de la protéine de pointe et qu’il est donc “très peu probable qu’un simple changement de la sorte rende le vaccin moins efficace”. En revanche, plus le temps passe, plus de nouvelles mutations apparaissent et cela pourrait affecter le vaccin, comme c’est le cas avec le vaccin contre la grippe qui est différent chaque année.

C’est pourquoi le Dr Andrew Davidson avertit qu’il est très important qu’une surveillance active soit effectuée pour identifier les mutations du SARS-CoV-2 au fur et à mesure qu’elles se produisent, afin de déterminer si elles représentent une menace pour la santé humaine. Les scientifiques britanniques ont d’ailleurs loué la vitesse à laquelle le réseau de génomique britannique a détecté cette nouvelle mutation dans le sud-est du pays.

S’il n’y a donc pas de raison apparente de s’inquiéter pour le moment, la découverte de cette nouvelle souche rappelle qu’il y a encore beaucoup à apprendre sur le Covid-19. Jeremy Farrar, directeur du Wellcome Trust insiste sur le fait que cette pandémie “n’est pas terminée et qu’il y aura encore des surprises avec ce virus sur son évolution, ainsi que sur la trajectoire de la pandémie lors de l’année à venir.”

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