Covid: le retour des clusters à l'hôpital et ailleurs, est-ce normal docteur?

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Le retour des clusters à l'hôpital et ailleurs, est-ce normal docteur? (Photo: PeopleImages via Getty Images)
Le retour des clusters à l'hôpital et ailleurs, est-ce normal docteur? (Photo: PeopleImages via Getty Images)

CORONAVIRUS - C’est un come-back dont on se serait volontiers passé. Jeudi 4 novembre, la direction de l’hôpital Saint-André de Bordeaux a révélé qu’un important cluster épidémique avait été découvert dans ses murs. Quinze soignants ont été testés positifs au coronavirus, ainsi que neuf patients, venus se faire soigner pour d’autres raisons.

D’autres contaminations groupées ont été rendues publiques ces derniers jours: à Nérac (également en Nouvelle-Aquitaine), six patients et un praticien ont été testés positifs au Covid le 3 novembre, et au Puy-en-Velay (Auvergne-Rhône-Alpes), un énorme cluster de 42 personnes a été découvert dans un centre hospitalier.

Mais il n’y a pas que le milieu hospitalier où les regroupements, souvent avec une proportion plus élevée que la moyenne de personnes non vaccinées, entraînent des contaminations en masse. Comme le rapportait Radio France, plusieurs événements organisés pour les seniors dans la Creuse ont débouché sur plusieurs clusters ces derniers jours.

Pourquoi ce soudain retour d’un mot qui avait quasi disparu de l’espace public ces derniers mois? Le regain épidémique, bien sûr. Rappelons ce qu’est un cluster: une situation dans laquelle au moins trois personnes, présentes dans un même lieu, ont été testées positives au Covid.

Or les chiffres du Covid remontent en France depuis la mi-octobre, bien que de manières hétérogènes et avec une croissance limitée. L’incidence dans le pays dépasse désormais les 50 pour 100.000 habitants dans 58 départements, et l’on atteint les 6000 cas diagnostiqués par jour en moyenne.

Reprise épidémique, augmentation des clusters

Des chiffres qui sont encore loin d’atteindre ceux du printemps dernier, mais suffisent pour que le gouvernement impose à nouveau le masque à l’école dans les départements les plus touchés. C’est également l’une des raisons derrière le maintien du pass sanitaire, au moins jusqu’au 31 juillet 2022, dans la colère de l’opposition.

Dans ce contexte où la circulation du virus s’intensifie, il est normal que les clusters s’additionnent. Rappelons que le vaccin, largement adopté par la population avec 74,6% des Français ayant un schéma vaccinal complet, réduit les risques de contracter la maladie mais ne l’empêche pas. De la même manière, il est démontré que les personnes vaccinées peuvent transmettre la maladie, bien que là encore dans une moindre mesure que les non-vaccinés.

Cette contagiosité rend nécessaire la continuation des gestes barrières, en particulier alors que la saison froide, d’une part, et la fin des vacances, d’autre part, poussent les gens à se réunir à l’intérieur. Comme le rapportait France Info le 5 novembre, des taux d’incidence inquiétants ont été relevés chez les personnes âgées dans les Pays de la Loire, à tel point que l’Agence Régionale de Santé (ARS) a décidé de tirer la sonnette d’alarme sur le relâchement des gestes barrières lors d’événements sociaux.

Des clusters hétérogènes

Mais à l’image de cette reprise épidémique, le visage que présentent ces nouveaux clusters diverge fortement d’une région à l’autre. En Bretagne, l’augmentation d’une semaine sur l’autre est impressionnante, passant de 11 clusters relevés par l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour la semaine du 14 au 20 octobre, à 42 pour la semaine suivante.

Pourtant, ils ne représentent qu’une faible part des plus de 1500 cas positifs enregistrés chaque semaine dans la région. Ces clusters ont eu lieu à l’école, en milieu professionnel (hors établissements de santé), ou dans le cadre privé.

Du côté de la Haute-Loire, où un cluster de plus de 40 personnes a été découvert fin octobre, le tableau est très différent. Comme le rapporte le quotidien La Montagne, les contaminations sont là-bas concentrées au sein des clusters, plutôt que diffuses. “Il n’est pas constaté à ce jour de contaminations éparses” dans le département ni même en Auvergne-Rhône-Alpes, précise d’ailleurs l’ARS dans son compte-rendu hebdomadaire.

Les situations locales sont donc, à l’image des taux d’incidences, très hétérogènes, d’autant que certaines décisions, comme l’obligation de porter le masque à l’école, influent nécessairement sur leur nombre. Pris dans leur globalité, les clusters en France ne grossissent pas en taille. Fin octobre, les services chargés du “contact tracing” rapportaient environ 2,5 personnes contact par malade du covid en moyenne: un chiffre qui reste stable de semaine en semaine.

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi la France a commandé 50.000 doses de pilules anti-Covid

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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