Covid: relâcher trop tôt les mesures barrière fait le lit de variants résistants, montre une étude

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Alléger les gestes barrière tels que le port du masque et la distanciation physique à un moment où toute la population n'est pas encore vaccinée accroît sensiblement le risque d'apparition de variants du coronavirus résistants au vaccin, montre une étude publiée vendredi.

Alors que près de 60% des Européens ont reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, cette étude montre la nécessité de maintenir d'autres précautions que le vaccin jusqu'à ce que tout le monde soit immunisé, expliquent ses auteurs.

Pour étudier comment le coronavirus pourrait muter en réaction à la progression de la couverture vaccinale, une équipe de chercheurs de plusieurs pays européens ont simulé la probabilité qu'une souche résistante aux vaccins émerge au sein d'une population de 10 millions d'habitants d'ici à trois ans.

Leur modèle intègre comme variables le niveau de la population vaccinée, le taux de mutation du virus et sa vitesse de transmission, anticipant des "vagues" successives avec une envolée des contaminations suivie par une chute des nouveaux cas après l'instauration de restrictions (confinements, etc.).

Sans surprise, l'étude, publiée dans la revue Nature Scientific Reports, conclut qu'une vaccination rapide réduit le risque d'émergence d'une souche résistante.

Mais, plus contre-intuitif, leur modèle montre aussi que ce risque est maximal lorsqu'une grande partie de la population est vaccinée, mais pas suffisamment pour assurer une immunité de groupe.

Ce phénomène est qualifié de "pression de sélection": à mesure qu'une plus grande partie de la population a développé des anticorps contre le virus, l'avantage compétitif des souches plus résistantes s'accroît.

Selon les chercheurs, c'est à partir d'un seuil de 60% de vaccinés que la probabilité d'émergence de variants résistants devient élevée.

Cela correspond à la situation actuelle dans la plupart des pays européens, confrontés à la propagation rapide du variant Delta.

Au niveau mondial, à peine plus d'un milliard de personnes sont complètement vaccinées et certains pays, notamment en Afrique et en Amérique du Sud, n'ont pas encore commencé à vacciner à large échelle, en raison d'un manque de doses.

Ces résultats montrent la nécessité de maintenir des mesures de précaution jusqu'à ce que tout le monde soit vacciné et de faire "un effort de vaccination réellement mondial", sans quoi "des souches résistantes aux vaccins pourraient être éliminées dans certaines populations mais persister ailleurs", avant de se répandre, soulignent les auteurs.

abb/may/bow

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