Covid-19 : pourquoi la vaccination ne progresse (presque) plus ?

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La vaccination mobile à bord d'un camion, initiative pour aller vers les personnes isolées.

L'objectif symbolique de 50 millions de primo-vaccinés, prévu fin août, ne cesse d'être repoussé alors que la campagne vaccinale ralentit très fortement.

Le rythme vaccinal n'avait pas été aussi lent depuis début mars. Avec moins de 90 000 personnes qui reçoivent une première dose de vaccin par jour en moyenne sur la semaine écoulée, le rythme de vaccination s'effondre, bien loin du pic de 400 000 primo-injections par jour mi-mai.

Le gouvernement, qui s'est laissé griser par le rythme vaccinal de l'été, avait revu ses ambitions à la hausse. De l'objectif annoncé fin juin de 40 millions de Français ayant reçu au moins une dose fin août, Jean Castex est passé au coeur de l'été à un objectif ambitieux de 50 millions de primo-vaccinés fin août.

Le plafond de verre se rapproche

Au 8 septembre, l'objectif n'est toujours pas atteint avec un peu plus de 49 millions de primo-injections. Surtout, avec le net ralentissement de la vaccination, Jean Castex vise les 50 millions dans les prochains jours. Malgré une opération pour accélérer la vaccination avec la possibilité de se faire vacciner sans rendez-vous le week-end du 4-5 septembre, la vaccination n'a pas rebondi.

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La première explication, la plus évidente, se fait en observant simplement la couverture vaccinale. "88% de la population en âge d'être vacciné a reçu une première dose" a rappelé Jean Castex ce mercredi midi. La cible à vacciner se réduisant, le rythme ralentit logiquement et l'on se rapproche de plus en plus vers le fameux plafond de verre, au-delà duquel la vaccination le progresse plus.

Un premier ralentissement fin juin

"Ceux qui avaient envie et avaient accès facilement au vaccin ont sûrement quasiment tous été primo vaccinés maintenant. On arrive chez des gens plus jeunes et moins motivés", expliquait le docteur Hélène. Rossinot à 20 Minutes fin juin, alors que la campagne de vaccination observait un premier ralentissement.

Au début de l'été, la campagne marquait le pas, avec une baisse nette des premières injections, alors qu'un peu plus de 33 millions de Français avaient reçu au moins une dose de vaccin.

L'extension du pass sanitaire a relancé la vaccination

Depuis cette premier ralentissement de la campagne vaccinal, l'allocution d'Emmanuel Macron le 12 juillet et l'annonce de l'extension du pass sanitaire aux restaurants notamment a relancé la vaccination, avec plus de 10 millions de primo-vaccinés en un mois.

Si l'effet du pass sanitaire pour la vaccination des adultes semble s'estomper, il peut encore avoir un effet bénéfique sur la vaccination des 12-17 ans, dont 34% n'ont pas encore reçu la moindre dose de vaccin. Il ne sera en effet obligatoire pour les jeunes âgés de 12 ans et deux mois qu'à partir du 30 septembre, leur laissant encore plusieurs jours pour se faire vacciner.

"Moins de 5% d'anti-vaccins sensibles à aucun argument rationnel"

"Les dernières poches de non-vaccinés sont constituées d’une minorité d’anti-vaccins, qui représentent moins de 5% de la population, et qui ne sera sensible à aucun argument rationnel", analyse l'épidémiologiste Antoine Flahault.

Mais pas de là à expliquer un tel ralentissement, alors que plus de 10% des 75 ans et plus n'ont pas reçu la moindre dose, soit plus de 650 000 personnes. "Dans les non-vaccinés aujourd'hui, il reste une grande proportion de personnes encore hésitantes vis-à-vis du vaccin et qu’il faut plutôt chercher à convaincre ou encore à des personnes isolées ou exclues des systèmes actuels de déploiement de la campagne vaccinale et qu’il faut aller chercher un à un et leur proposer le vaccin", prolonge l'épidémiologiste Antoine Flahault, évoquant l'hypothèse d'une vaccination qui patine faute d'aller chercher les personnes les plus isolées.

"La fin du remboursement des PCR peut inciter à la vaccination"

Une problématique évoquée par Jean Castex, à l'issue du séminaire de rentrée du gouvernement, qui cible comme priorité de "continuer à convaincre, celles et ceux de nos concitoyens qui doutent encore" de la vaccination "et aller vers celles et ceux, souvent âgés, précaires, isolés, qui se sentent à l'écart du système de soins".

Au-delà des campagnes d'"aller vers" déployées pour proposer la vaccination aux personnes isolées et à domicile, il reste une mesure à disposition du gouvernement pour relancer la vaccination et aller chercher les plus réticents. "La fin du remboursement des tests PCR de confort pourrait représenter un dernier incitatif fort pour se faire vacciner", espère Antoine Flahault, alors que l'exécutif garde l'option d'une vaccination obligatoire. "Ça peut venir à un moment", déclarait ainsi Gabriel Attal le 29 août sur RTL. La fin du remboursement des tests PCR dits de confort est prévue pour le 15 octobre.

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