Covid : le martyre de Londres

Par Laure Van Ruymbeke, correspondante en Angleterre
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Une station de métro dans la City. Le masque n'est pas obligatoire dans la rue, malgré la rapidité avec laquelle l'épidémie se propage.
Une station de métro dans la City. Le masque n'est pas obligatoire dans la rue, malgré la rapidité avec laquelle l'épidémie se propage.

Un couple marche en silence, le visage fermé, devant le Royal London Hospital, l'un des plus grands de la capitale, dans le quartier Whitechapel, à l'est de Londres. Le temps est glacial ce vendredi soir. L'homme porte deux sacs. « Ma mère est hospitalisée depuis mercredi, je viens lui apporter quelques affaires, confie-t-il. Comme il m'est interdit de la voir en personne, ce sont des infirmières qui vont se charger de les lui remettre. Dieu merci, elle n'est pas en réanimation. Mais elle peut rester hospitalisée quatorze jours. » Ce n'est qu'après quatre jours de toux intense que la mère de Jamie s'est résignée à appeler une ambulance, « car elle ne voulait pas surcharger les hôpitaux ». Il décrit la situation à l'intérieur de l'établissement : « C'est incroyablement chargé, les patients attendent pour des choses simples comme des couvertures, aller aux toilettes, il n'y a pas beaucoup de personnel. » À l'entrée de l'hôpital, une réceptionniste prend la température de chaque visiteur, lui demande de se désinfecter les mains et de mettre un nouveau masque fourni par ses soins. Impossible d'entrer dans le service des urgences. Un employé explique : « Cet hôpital était l'un des plus débordés à Noël. Le personnel soignant est submergé. »

État d?incident majeur

Quelques heures plus tôt, le maire de Londres, Sadiq Khan, venait de décréter « un état d'incident majeur » dans les hôpitaux de la capitale. Cette décision permet aux services d'urgence de prendre des me [...] Lire la suite