Covid: l'Espagne prend des mesures restrictives pour la Semaine Sainte

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Voyant que le nombre de cas de coronavirus ne cesse d’augmenter (une incidence de 132 cas pour 100 000 habitants), les autorités espagnoles ont pris des mesures restrictives pour la Semaine Sainte qui commence ce vendredi 26 mars et se termine le 9 avril : interdiction de se réunir à plus de six personnes ensemble en extérieur, quatre en intérieur. Et surtout interdiction, en cette période en général associée à de grands déplacements, d’aller d’une région à une autre. Dans la capitale, les mesures divisent la population. Reportage.

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

Madrid offre une situation paradoxale. Ici, le couvre-feu est à 23 heures. Bars, restaurants, cinémas et théâtres sont ouverts. Et pourtant, comme les 16 autres régions d’Espagne, celle de Madrid est astreinte aux mêmes contraintes de déplacements : pendant 15 jours, sauf raison de force majeure, les Espagnols n’auront pas le droit d’aller d’une région à une autre.

Daniela, marchande de fleurs, est d’accord avec cette mesure. « Moi je trouve ça bien car je suis mère de sept enfants, et je ne voudrais pas qu’ils soient infectés, la situation est très mauvaise, dit-elle. C’est mieux qu’ils restent à la maison. Je sais que c’est pénible de ne pas aller voir la famille, mais je pense que c’est mieux de respecter l’interdiction. »

Mais tout le monde ne pense pas de la même façon. Car les frustrations sont grandes. La Semaine Sainte c’est par excellence le moment où on voyage, on va à la mer, on se rend dans sa ville natale pour assister à des processions religieuses.

Et puis, beaucoup contestent le bien-fondé de cette mesure. C’est le cas de Marisa, fonctionnaire. « Si nous étions tous responsables et nous respections les normes nous pourrions parfaitement sortir, estime-t-elle. Mais les gens se réunissent à leur domicile, un endroit où se transmet le virus. »

Marisa exprime une autre source de frustration : le fait que les étrangers peuvent librement venir à Madrid, aux Baléares ou aux Canaries, mais les Espagnols, eux, ont l’obligation de rester chez eux.

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