Covid: l’UE se divise au sujet de la livraison du vaccin Spoutnik V

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En pleine 3e vague, la tension monte en Occident et l’UE commence à se diviser au sujet de la livraison de vaccins russe et chinois. Pour le commissaire européen Thierry Breton « l’Europe n’a absolument pas besoin du Spoutnik V ». Tout le monde ne l’entend pas de cette oreille : si la Hongrie est aujourd’hui le seul pays de l’UE à l’utiliser, le Premier ministre slovaque a passé commande (et du quitter son poste ce mardi à cause de la polémique engendrée par ce choix). Désormais, c’est l’Autriche qui annonce discuter avec la Russie de l’achat en avril d'un million de doses du vaccin non encore homologué par l'Agence européenne des médicaments.

Il est comme beaucoup de responsables politiques européens depuis longtemps sous la pression de l’opposition et de l’opinion pour une campagne de vaccination jugée trop lente. Jusqu’ici, le chancelier autrichien en était resté à des pourparlers pour l’ouverture d’une usine de production de Spoutnik V, soit sur la même ligne que l’Italie ou l’Allemagne, engagées pour un laboratoire de production du vaccin russe sur leur sol.

Sebastian Kurz avait aussi haussé le ton auprès des 27, critiquant le système européen d’achat en commun et de répartition des doses. Il est désormais le 3e chef de gouvernement de l’UE à s'affranchir de ce système quand la France dit et répète sa méfiance face à ce qu’elle juge être une politique d’influence. Angela Merkel, elle, s’impatiente. En cas d’approbation du vaccin par l’Autorité médicale européenne, la chancelière n’hésitera pas : si l’Europe ne commande pas de Spoutnik V, elle a prévenu que Berlin le fera. Vladimir Poutine lui a fait savoir la semaine dernière qu’il avait reçu une première injection, mais sans dire avec quel vaccin.

La région italienne de Campanie a pour sa part signé un accord en vue de l'achat de ce vaccin, mais l'a conditionné au feu vert de l'EMA. 6,8 millions de Russes ont reçu au moins une des deux injections nécessaires, soit 4,65 % de la population. Seuls 30% des Russes souhaitent aujourd’hui se faire vacciner.

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