Covid en Italie: une maison de retraite installe une salle des câlins ultra-sécurisée

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Au bonheur retrouvé de l’affection sans risques de contagion. Les 275 résidents d’une maison de retraite médicalisée, située à Castelfranco Veneto, en Vénétie, peuvent enfin revoir en chair et en os, toucher, embrasser leurs proches, grâce à une salle des câlins ultra-sécurisée. Elle permet de briser les murs de solitude qui ont été accentués par la pandémie.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Imaginez une jeune femme qui retrouve sa grand-mère après neuf mois de communication limitée à des appels téléphoniques. On les voit se prendre les mains, puis s’enlacer et s’embrasser avec une tendresse infinie.

Ces retrouvailles entre proches sont permises aux résidents de la maison de retraite Domenico Sartor grâce à la réalisation d’une salle des câlins. Douze box en plexiglas ont été installés dans un grand salon aseptisé. Ils sont équipés de fins rideaux anti-contagion, en plastique transparent, de fauteuils, de manchons et gants spéciaux et de micro-casques. Les rencontres se déroulent en tête-à-tête.

La directrice de cet établissement public, Elisabetta Barbato, raconte que les câlins procurent un effet thérapeutique particulièrement bénéfique pour les mamies et papis dont la solitude peut être aussi dévastatrice que le coronavirus.

Un bel exemple à suivre d’autant que l’Italie est le deuxième pays le plus vieux au monde après le Japon.

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♦ En Espagne, l'Ordre des médecins demande la démission du responsable de la gestion du coronavirus

En Espagne, l'Ordre des médecins demande la démission « immédiate » de l'épidémiologiste en chef, Fernando Simon. L'ordre lui reproche de minimiser l'impact du Covid parmi les soignants et de critiquer les médecins qui selon lui ne se protégeraient pas bien.

Fernando Simon a déjà provoqué la colère de l'Ordre infirmier la semaine dernière après des propos sexistes. Mais l'Ordre des médecins dénonce aussi une « incompétence manifeste et prolongée durant l'évolution de la pandémie ». Il lui reproche entre autres d'avoir tardé à agir au printemps dernier.

Pour le Dr Diego Figuera Alvarez, psychiatre des Hôpitaux de Madrid, il y a eu de nombreuses erreurs dans la gestion de la crise, mais l'épidémiologiste en chef n'est pas seul responsable, d'autant qu'en Espagne une grande partie des décisions a été prise au niveau des régions. Mais il y a un épuisement général dans la profession :

« Il incarne la gestion de la pandémie depuis le début et on projette sur lui toutes les critiques politiques et sanitaires qui s'adressent au gouvernement. C'est un peu un rôle de bouc émissaire. Il y a eu des erreurs au niveau du gouvernement oui, et il y en a eu aussi au niveau des régions, et au niveau de l'Europe. Une accumulation de manquements, d'absence d'anticipation, surtout au début de la première vague, font que les soignants ont particulièrement souffert du virus dans les hôpitaux. C'est ce qui explique que les critiques se concentrent sur Fernando Simon. Mais il ne prend pas seul les décisions, des comités d'experts interviennent sur différents aspects de la pandémie. Le problème c'est qu'ils ne sont pas rendus publics. Par ailleurs, on lui reproche des gaffes comme celle qu'il a faite vis à vis des infirmières, il y a quelques jours. Et maintenant, il y a ces propos disant que les médecins ne se protègeraient pas bien. Or la profession est fatiguée. Il faut bien comprendre que l'Espagne est le pays d'Europe qui compte le plus de soignants contaminés par le Covid et de plus de soignants qui en sont morts. »

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