Covid: la France retrouve un souffle de liberté

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Un café en terrasse, une séance de cinéma, une visite au musée... Mercredi, après six mois de fermetures et un hiver gâché par le Covid meurtrier, la France retrouve une partie de ses loisirs et un peu de liberté, sur fond de recul de l'épidémie.

Dans le quartier de Montmartre à Paris, cafetiers et restaurateurs donnent un dernier coup de chiffon sur les vitres de leurs établissements. Certains habitués sont au rendez-vous dès l'ouverture.

"J’ai déjà eu 3 clients qui sont venus boire leur cafés, ça fait du bien !", raconte Pascal, gérant de la brasserie Le Saint Jean. Cyril et Jérémy, qui travaillent dans le quartier, reprennent leurs habitudes: "4 cafés s'te plait!".

"Ça change du café à emporter de la boulangerie !", se réjouit le premier. Même si ce n'est pas encore tout à fait "la vie normale", témoigne le second. "La vie normale c’est quand on pourra s’accouder au bar et boire une bière entre amis...".

Fermés depuis le 30 octobre 2020, soit plus de six mois et demi, les cafés et les restaurants sont de nouveau autorisés à servir leurs clients, mais en extérieur, avec une bonne aération et autour de tables de six personnes maximum.

Une bouffée d'oxygène partielle pour un secteur durement impacté par la crise sanitaire, malgré les aides de l'Etat, car seulement 40% des établissements disposent d'une terrasse. Mais pour beaucoup, le téléphone n'a pas arrêté de sonner cette semaine et l'affluence ne devrait pas manquer malgré une météo capricieuse sur une partie du pays.

"J'ai des réservations pour les trois premiers jours, pour le déjeuner et l'apéritif, ça fait plaisir", témoignait la veille Patricia Marchand, gérante du Café des feuilles, un petit restaurant du centre de Rennes, qui "appréhende une très grosse euphorie en centre ville".

- Couvre-feu à 21h -

La vie reprend dans les cinémas, les théâtres ou dans les musées. "Drunk", "Adieu les cons", "ADN", "Garçon chiffon"... les amateurs de films auront l'embarras du choix en retrouvant le chemin des salles obscures, ouvertes à 35% de leurs capacités et 800 personnes au maximum par salle.

Cyrian, 24 ans, a pris son train tôt pour arriver 30 minutes en avance pour la première séance de "Mandibule", diffusée dans une salle du XIIIe arrondissement de Paris. "Je n'allais quand même pas être en retard pour le jour de la reprise!". Il a prévu d'enchaîner trois films.

Autre symbole du retour à une forme de normalité, les commerces peuvent rouvrir, des magasins de jouets aux boutiques de vêtements, dont certains accusent une baisse de 40% de leur chiffre d'affaires, mais avec une limite d'un client pour 8 m2.

Enfin, deux affiches de handball inaugurent le retour des fans dans les salles (800 spectateurs maximum), avec un quart de finale retour de la Ligue des champions au stade Coubertin à Paris pour le PSG contre les Allemands de Kiel et une finale aller de la Ligue féminine entre Metz et Brest dans les Arènes messines.

Un an et deux mois après le début de l'épidémie, qui a fait environ 108.000 morts en France (dont 187 dans les hôpitaux mardi), et qui devrait coûter 424 milliards d'euros sur trois ans aux finances publiques, la liberté reste limitée. Appliqué sur tout le territoire depuis le 16 janvier à 18H00 puis 19H00, le couvre-feu est seulement repoussé à 21H00 mercredi.

- 4.000 malades en réa -

Résultat, la finale de la Coupe de France de football, affiche de prestige entre le Paris SG et Monaco à 21h15, se déroule à huis clos au Stade de France, transformé la journée en centre de vaccinations.

Le train de réouvertures marque la deuxième étape du plan en quatre phases annoncé fin avril par Emmanuel Macron, et qui doit se poursuivre le 9 juin par la réouverture des cafés et restaurants en intérieur, des jauges moins strictes et un couvre-feu décalé à 23 h, avant de disparaître le 30 juin si la situation le permet.

Car si la circulation du virus a diminué depuis quatre semaines, elle est loin d'avoir disparu, avec environ 14.000 nouveaux cas enregistrés chaque jour en moyenne. Dans un avis remis le 6 mai au gouvernement, le conseil scientifique avait appelé à "éviter la survenue durant l'été 2021 d'une possible 4e vague, qui serait induite par une sortie précipitée" des restrictions sanitaires, tout en jugeant la "réouverture souhaitable et même nécessaire".

Pour l'heure, le freinage de l'épidémie a permis un reflux du nombre de malades dans les hôpitaux. Un peu plus de 22.000 patients avec un diagnostic Covid-19 étaient hospitalisés mardi, au plus bas depuis la fin octobre. Parmi ces malades, 4.015 étaient soignés dans les services de réanimation, contre près de 4.200 la veille.

En parallèle, la campagne de vaccination se poursuit. Mardi soir, 21 millions de personnes avaient reçu une première injection, soit près d'un tiers de la population totale (31,5%), dont 9,1 millions ont été vaccinées avec deux doses (13,6% de la population totale).

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