La distanciation sociale en intérieur n'est pas plus sûre à 20 mètres qu'à 2 mètres

Maxime Poul
·3 min de lecture
Les chercheurs du MIT affirment qu'en intérieur la distanciation sociale ne protège en rien des petites gouttelettes émises lorsque l'on respire ou on parle.

Selon une étude menée par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), qu'elle soit de 2 mètres ou 20 mètres, la distanciation sociale en intérieur a peu d'importance et le risque d’attraper le Covid-19 reste le même. Explications.

Alors que la distanciation sociale en intérieur est l'une des règles de base pour éviter la transmission du Covid-19, une étude américaine remet cette théorie en question. Des chercheurs du MIT ont réalisé une étude dans laquelle ils ont calculé le risque d'exposition au Covid-19 dans les lieux clos. Pour cela, ils ont pris en compte des facteurs tels que le temps passé à l'intérieur, la filtration et la circulation de l'air, l'activité respiratoire, les variants et le port du masque. 

Dans cette étude relayée par le New York Post, les chercheurs affirment si la distanciation physique met à l'abri des grosses gouttes comme celles dégagées lors d'un éternuement, elle ne protège en rien des petites gouttelettes que l'on émet lorsqu'on respire ou on parle. En sachant que ce sont les petites gouttelettes qui propagent majoritairement la maladie, rappellent-ils. 

La distanciation, "un faux sentiment de sécurité"

"La distanciation ne vous aide pas vraiment et cela vous donne également un faux sentiment de sécurité, parce que vous êtes autant en sécurité à 2 mètres qu'à 20 mètres, si vous êtes à l'intérieur", explique à CNBC Martin Bazant, professeur d'ingénierie au MIT et auteur l'étude. "Tout le monde dans cet espace court à peu près le même risque", ajoute-t-il. 

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Les chercheurs ont constaté que le temps passé à l'intérieur est bien plus important que la distanciation physique. Un facteur que les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) négligent depuis le début de la pandémie, soulignent les experts. Selon Martin Bazant, les directives de distanciation sociale du CDC n'ont aucune base scientifique solide et sont uniquement basées sur des études préliminaires avec des grosses gouttes. "Cette insistance sur la distanciation est vraiment déplacée depuis le début. Le CDC ou l'OMS n'ont jamais vraiment fourni de justification pour cela."

Des espaces fermés alors qu'ils n'avaient pas besoin de l'être

Dans un espace mal clos et mal ventilé, même lorsque les personnes respirent à travers un masque, les gouttelettes ont tendance à remonter et à se propager dans la pièce, c'est pourquoi le risque de contamination est très élevé quelle que soit la distanciation.

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L'étude met également en avant l'importance d'un espace correctement ventilé dans la lutte contre les nouvelles contaminations. "[Un espace bien ventilé] peut être exploité en toute sécurité même à pleine capacité", affirme le MIT qui ajoute "que de nombreux espaces ont été fermés alors qu'ils n'avaient pas besoin de l'être."

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