Déconfinement : les boîtes de nuit en extérieur seront-elles ouvertes cet été ?

Maxime Poul
·4 min de lecture
Dans son plan de déconfinement, le gouvernement n'a prévu aucune date de réouverture des discothèques, que cela soit en intérieur ou en extérieur.

La semaine dernière, le gouvernement a dévoilé le calendrier du déconfinement avec en ligne de mire le 30 juin pour un retour quasi à la normale avec la réouverture de l'ensemble des lieux publics, à l'exception des boîtes de nuit. Mais qu'en est-il pour les discothèques en extérieur ?

Elles sont les grandes oubliées de ce déconfinement. Alors qu'Emmanuel Macron a présenté les quatre étapes du déconfinement avec la réouverture des commerces, des musées, des cinémas, des théâtres, des terrasses, des bars, des restaurants et des salles de sport d'ici le 30 juin, les boîtes de nuit n'auront a priori pas le droit d'ouvrir leurs portes cet été. Le calendrier ne donne aucune perspective de réouverture pour ces lieux totalement fermés depuis le 17 mars 2020.

Considérées par les épidémiologistes comme les lieux publics les plus favorables à la transmission du Covid-19, les discothèques rateront un deuxième été consécutif, au plus grand désarroi des professionnels du secteur. Pourtant, de nombreux lieux comme ceux où se déroulent des compétitions sportives ou des événements culturels pourront se tenir en intérieur, mais il n'en est rien pour les boîtes de nuit. Pass sanitaire, purificateur d'air, jauges limitées... Si les professionnels du monde de la nuit tentent de trouver des solutions pour rouvrir en même temps que tout le monde, le gouvernement ne veut rien entendre, même pour les boîtes de nuit en plein air.

"Dès que c'est discothèque, c'est terminé"

"Il n'y a pas de distinction entre intérieur ou extérieur, dès que c'est discothèque, c'est terminé", nous explique Patrick Malvaes, président du Syndicat National des Discothèques et Lieux de Loisirs (SNDLL). Une situation frustrante pour les professionnels du secteur qui ont déjà subi le même sort l'année dernière, pendant que les bars, restaurants, hôtels et campings reprenaient le concept des boîtes de nuit en faisant danser leur clientèle. C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle le SNDLL est en discussion avec Bercy depuis de longs mois. "On se bat ne serait-ce que pour les saisonniers l'été qui ont un extérieur. Pourquoi autoriser les groupes de 1000 à 5000 personnes en extérieur et même en intérieur à certains endroits, mais interdire les discothèques en extérieur ?" 

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C'est pour cette raison que le Syndicat National des Discothèques et Lieux de Loisirs a déposé un recours auprès du Conseil d'État, afin que la situation de l'année dernière ne se reproduise pas. "L'été dernier, ça a été ce que j'appelle 'l'été meurtrier'. Quand ils ont déconfiné, on a attiré l'attention du ministère sur les fêtes qui allaient avoir lieu et elles ont eu lieu, explique Patrick Malvaes. Les bars, les restaurants, les rues, les quais de seine, le bois de Vincennes, le bois de Boulogne... Il y avait des fêtes partout. La préfecture de Paris avait même dit aux discothèques : 'si vous voulez fonctionner, passez en bar.'" 

"Des opérations commando [...] pour foutre le bordel"

Si certaines discothèques ont donc pu en profiter, le président du SNDLL estime qu'il ne s'agit pas d'une solution viable : "Soit on dit on est fermé pour des raisons épidémiologiques et ça on est totalement en mesure de l'entendre, mais il faut que ça s'applique à tout le monde. Parce qu'après, qu'est-ce qu'il se passe ? Comme l'été dernier, ils vont venir nous voir fin septembre pour nous dire qu'on peut pas rouvrir à cause d'une nouvelle vague", explique-t-il avec amertume. 

C'est pour cette raison que cet été, Patrick Malvaes est prêt à tout pour empêcher une telle situation de se reproduire. "Je veux marquer le territoire et le terrain. S'il y a des passes-droits, on portera systématique plainte contre l'État et les organisateurs, on ne se gênera pas. On est prêts à monter des opérations commando dans les endroits qui organisent ces événements et qui fonctionnent pour foutre le bordel", raille le président du SNDLL. "Ce n'est pas qu'on est jaloux, c'est juste que si on nous dit vous êtes fermés pour des raisons épidémiologiques, il ne faut pas qu'à côté ils laissent faire le reste. Il nous ont amené la deuxième vague en septembre et c'est nous qui avons été les premiers à payer en n'ayant pas le droit de rouvrir. "

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Autorisation de l'ouverture des discothèques en extérieur ou interdiction d'organisation de ce type de soirée par des enseignes autres que des discothèques, Patrick Malvaes espère que le Conseil d'État validera l'une de ces deux requêtes. "Il n'y a pas 36 solutions. Si c'est pour nous imposer le port du masque et la distanciation sociale, autant qu'on soit fermés. On ne va pas renoncer au cœur de notre métier pour ouvrir et ne pas fonctionner. Si c'est pour ouvrir et ne pas faire de chiffre d'affaires, ce n'est pas la peine", conclut-il.

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