Covid: "baromètres" du malaise, des maires de grandes villes demandent à être "écoutés"

S. V.
·2 min de lecture
La maire de Paris Anne Hidalgo et le maire de Bordeaux Pierre Hurmic, le 22 mars 2021 à Bordeaux - MEHDI FEDOUACH / AFP
La maire de Paris Anne Hidalgo et le maire de Bordeaux Pierre Hurmic, le 22 mars 2021 à Bordeaux - MEHDI FEDOUACH / AFP

Des maires ou élus de métropoles sous bannière écologiste ou de gauche - Paris, Bordeaux, Marseille - ont appelé mardi le gouvernement à s'appuyer davantage sur les maires, "baromètres" de la population, pour des mesures de gestion de crise sanitaire, sous peine "d'explosion".

Une crise comme le Covid justifie une "stratégie nationale" mais "doit se faire aussi en confiance avec les territoires, les acteurs de la proximité que sont les maires". Ils sont "les meilleurs baromètres de l'acceptabilité sociale d'un certain nombre de mesures", a estimé le maire EELV de Bordeaux Pierre Hurmic, en marge d'une réunion de l'Association internationale des maires francophones (AIMF) à Bordeaux.

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"Des villes pilotes notamment dans le domaine culturel"

Pierre Hurmic et la maire PS de Paris Anne Hidalgo ont en particulier redemandé à l'Etat, de les "autoriser à être des villes pilotes notamment dans le domaine culturel", où "il y actuellement un gros malaise, ici comme ailleurs", selon le maire de Bordeaux dont l'Opéra, comme des dizaines de lieux culturels en France, est occupé depuis plus d'une semaine.

"Le gouvernement ne s'en sortira pas s'il ne fait pas davantage confiance aux maires pour organiser, très rapidement la reprise partielle, en toute sécurité, de quelques activités culturelles, que ce soit spectacles vivants, musées et autres", a mis en garde Pierre Hurmic.

La maire de Paris pour sa part a regretté une "centralisation excessive" d'où "des comportements bureaucratiques dont chacun a pu s'amuser", a-t-elle ajouté en référence au couac de l'éphémère dernière attestation de sortie. "Ce n'était pas très amusant, car cela a tout de même été inventé", a-t-elle-dit. "Est-ce qu'on (les maires) est écoutés ? Objectivement, pas vraiment", a regretté Anne Hidalgo, affirmant ainsi que "lorsque la décision sur le dernier confinement a été prise, j'ai été appelée, tardivement, par le préfet de police de Paris et, tardivement, par le Premier ministre".

"Les gens ne tiennent plus, n'en peuvent plus d'être enfermés"

Michèle Rubirola, ex-maire écologiste de Marseille désormais première adjointe en charge de la Santé, a pour sa part évoqué le "carnaval" controversé de dimanche, événement qu'elle "déplore", "condamne", même si elle "comprend que les jeunes aient besoin de se retrouver car ils sont en grande détresse".

"C'est quelque chose à quoi il faut s'attendre, car les gens ne tiennent plus, n'en peuvent plus d'être enfermés, d'être sous la coupe d'interdictions que parfois ils ne comprennent pas", a-t-elle ajouté.

Elle aussi a appelé le gouvernement à laisser des "expériences aux acteurs locaux", en particulier pour la culture, car "les acteurs culturels ne comprendraient pas que les spectacles ne refonctionnent pas, alors qu'ils avaient mis en place des garde-fous, des conditions permettant ces spectacles". "Sinon, on va aller vers l'explosion rapidement", a-t-elle mis en garde.

Article original publié sur BFMTV.com